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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 12:17

Suite aux propos de Emmanuel Hirsch relatés par le Huffington post, propos pour le moins ambigus, partagés entre sa religion et le respect des parents religieux et l'éthique qui demande que la volonté de Vincent, adulte qui avait fondé sa propre famille avec sa femme soit respectée, que la loi Leonetti et les médecins qui l'appliquent soient respectés,

je rappelle deux choses:

Les journalistes ont le devoir de faire savoir les problèmes de fin de vie lorsqu'ils les connaissent. C'est leur travail d'information.

Il n'y a ni instrumentalisation, ni récupération politique de la vie de Vincent Lambert.

Juste des propos à côté de ce cas qui illustre les défaillances de la loi actuelle.

Juste une famille, la sienne (celle qu'il a construit avec sa femme), qui accepte que les médecins fassent cesser une survie médicale qui n'a pas de sens, puisqu'on sait la vie réelle de Vincent irrécupérable, et demande que la loi Leonetti soit respectée.

Il ne faut pas oublier que c'est le médecin responsable qui, en accord avec son équipe et depuis la réclamation des parents, avec les experts demandés, a demandé qu'on cesse la survie artificielle, dans le cadre de la loi Leonetti : ne pas poursuivre d'obstination déraisonnable, ne pas laisser souffrir.

Pourquoi cette affaire a-t-elle pris autant de poids dans les médias ?

Parce que des parents, qui n'avaient plus de relations avec leur fils depuis longtemps, parce qu'il rejetait leurs croyances religieuses qu'il jugeait mauvaises, profitent du cas de leur fils pour une propagande religieuse contre la loi Leonetti.

Ils l'aiment ? Pas sûr... ils ont coupé les ponts depuis longtemps, leur fils n'admettant pas leur intolérance religieuse.

L'amour, ce n'est pas être propriétaire de son enfant, dès son jeune âge, mais encore moins lorsqu'il a quitté le nid des parents et est devenu adulte responsable.

L'amour, c'est donner sans s'occuper de recevoir, ce n'est pas avoir des droits sur autrui.

La famille d'un adulte, ce n'est pas ses parents, c'est la famille qu'il a choisi de construire avec sa femme, il avait coupé les ponts avec des parents dont il refusait l hégémonie sur sa vie, ce n'est pas pour qu'on le laisse entre leurs mains.

Ne signez pas cet appel, c'est le fait de religieux dogmatiques qui refusent la mort et utilisent une technicité médicale qui se voudrait science exacte, pour lutter contre la laïcité de l'état français et de ses lois.

Des gens qui refusent que la loi Leonetti soit appliquée, aux dépens de la société française.

http://www.huffingtonpost.fr/emmanuel-hirsch/vincent-lambert-oubli-ou-renoncement-anticipe_b_7100456.html

http://www.jesoutiensvincent.com/lappel/sauver-vincent-tout-simplement/

Nous, hommes et femmes responsables, refusons l’instrumentalisation indécente de la situation de Vincent Lambert. Nous refusons que chaque développement de cette affaire fasse l’objet d’une récupération politique et militante.

Depuis 2002, des unités spécialisées existent. Certaines ont proposé en vain une place à Vincent pour lui prodiguer les soins adaptés à son état et des petits gestes simples : l’asseoir dans un fauteuil, des séance de kiné, le promener dans un parc, lui faire ressentir la fraicheur du soir qui tombe.

Nous savons qu’il est insoutenable pour des parents de savoir que leur enfant va mourir, par privation d’eau et de nourriture, même si des médecins disent que c’est mieux comme ça.

NON, Vincent va mourir parce qu'il est déjà mort cliniquement, sa survie artificielle n'est liée qu'aux machines qui l'alimentent et l'hydratent, mais il ne peut pas communiquer ni bouger : rien de « vivant ».

C’est pourquoi, quelle que soit la décision de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme), quelle que soit l’évolution de la législation sur l’euthanasie, quelle que soient les distinctions subtiles que fera le législateur ou les juridictions entre les soins et les traitements, il demeure une réalité incontournable :

Viviane Lambert aime son fils et propose même avec son mari et l’aide de certains de ses enfants de recueillir Vincent à la maison. Au nom de quoi le lui refuse-t-on ? Au nom de quel principe faudrait-il que Vincent meure lorsqu’il peut vivre sous le regard aimant de sa famille et avec les soins dont il a besoin ?

Non, sa famille n'est pas ses parents, c'est celle qu'il a construit avec sa femme. Ils n'ont aucun droit de propriété sur lui.

Avec Vincent, nous voulons soutenir les 1700 personnes en état de conscience altérée en France mais aussi toutes les personnes atteintes de handicap. En situation de grande vulnérabilité, Vincent est pour nous un intouchable.

Ne pas confondre l'handicapé qui peut s'exprimer avec celui qui n'est plus qu'un corps mort.

Comme nous, rejoignez le Comité de soutien à Vincent Lambert

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Published by jacqueline.salenson
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  • : lois et santé, fin de vie, mort: pour que les lois permettent enfin aux médecins de respecter les volontés des "patients" dont les demandes d'aide à mourir (euthanasie volontaire) dans certaines conditions, quand l'intéressé estime que sa vie n'est plus digne d'être vécue (agonie, lourd handicap lié ou non à une maladie, incurabilité et souffrances)
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