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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:55

Merci de faire savoir les dernières évolutions de cette loi malheureuse et probablement aussi inefficace que la précédente, qui reste dans l’idée : pouvoir des médecins, droits des malades sur leur vie dénié aux malades :

 

La majorité des députés et sénateurs a encore voulu un consensus évidemment impossible entre pro et anti « euthanasie », avec ce vieux vocabulaire qui corrompt la pensée puisque chacun définit le mot différemment, et en fait une suite de quiproquos, un dialogue de sourds.

Mot qui n’existe pas dans le lexique juridique, hors domaine vétérinaire.

 

Les philosophies de vie se déchirent depuis des millénaires entre deux positions :

· le respect de la vie à n’importe quel prix puisque seul Dieu qui l’aurait créée pourrait nous la retirer

· le respect de l’être humain seul responsable de sa vie, contraire à l’esprit d’un Dieu créateur.

Aucune raison pour que ces deux philosophies ne coexistent pas encore des millénaires…

Impossible de les réconcilier puisqu’elles font intervenir non la raison, mais des croyances.

Je me demande toujours pourquoi l’église accepte que les médecins aillent à l’encontre des volontés de ce Dieu, lorsqu’ils empêchent de mourir celui ou celle qui aurait dû mourir sans eux, comme Dieu le voulait ???

 

Le principe démocratique est le vote à la majorité, on ne recherche habituellement pas le consensus, pourquoi sur ce sujet, le rechercher ?

Pour ne pas fâcher le pouvoir médical ? l’industrie pharmaceutique ? toute l’économie autour de la vieillesse et de la maladie ? qui profite largement des prolongations de vie, demandées ou refusées par l’intéressé? pour ??? au dépens évidemment de la sécurité sociale…

 

Où est la limite entre ce que certains nomment euthanasie, euthanasie passive, euthanasie indirecte, et mort naturelle ? nul ne le sait précisément, le Dr Philippe Bataille l’explique très bien. Le Dr Sicard aussi.

Il est évident que nul médecin n’aurait l’idée de « donner » la mort à son client, que la loi ne l’autorisera jamais et tant mieux.

Mais aider pour que le passage de la vie à la mort, en cours naturellement, se passe pour le mieux possible, selon la volonté de celui ou celle qui va mourir, fait partie de son travail :

soulager les souffrances et accompagner, respecter son malade dans sa philosophie de vie, même si elle diffère de la sienne.

 

Je m’insurge contre cette idée d’interdire la pensée même de suicide raisonné, pensée pourtant républicaine contre la condamnation du suicide par l’Eglise catholique (et d’autres) :

On a fait en sorte de bloquer la connaissance sur le sujet, interdite aux non soignants éduqués pour empêcher toute mort.

On veut faire croire que tous les suicides sont le fait de dépressions guérissables, ce qui est faux.

On refuse de manière détournée le droit à tout accompagnement (aide ?) des suicides raisonnés,

par

  • la loi contre l’incitation au suicide (comme s’il était possible de pousser quelqu’un au suicide hors harcèlement- déjà puni justement par d’autres lois-), et

  • la loi de non assistance à personne en danger qui considère que la mort est toujours un danger (pour quels motifs ? la mort est seulement un phénomène naturel) alors qu’elle est souvent délivrance dans une survie de souffrances morales voire physiques incurables, survie infligée par des médecins par leurs interventions, médicaments, opérations, et autres.

 

Lorsque la loi dit que les directives anticipées seront respectées sauf si le médecin les considère comme inadéquats, la loi retire d’un mot ce qu’elle donne apparemment de l’autre :

aucun respect pour l’individu !

 

On est loin de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité !

Qui implique le respect de l’Autre dans ses différences.

 

Je suppose qu’il faudra attendre au moins 5 ans avant que la loi soit remise sur le tapis.

Il est scandaleux que les soins palliatifs soient monopolisés par les hôpitaux privés ou publics, alors que tout médecin généraliste devrait pouvoir les donner à domicile, comme cela se pratique dans d’autres pays européens.

Il est remarquable que la France, championne des traitements lourds donnés jusque quelques jours avant la mort, soit aussi le pays où les gens se portent le plus mal, où les fins de vie sont les plus désastreuses…

 

J’espère que vous soutiendrez un travail de députés et sénateurs visant à enfin respecter les français dans le système médical qu’ils paient très cher, avec l’obligation d’adhérer à la sécurité sociale, et maintenant des mutuelles d’entreprise obligatoires alors que ces soi-disant mutuelles sont en fait des assurances privées qui n’en rien de mutualistes!

 

J'espère que vous soutiendrez le travail des associations de santé qui ont déjà commencé et continuent d'éduquer les citoyens à réfléchir sur leur vie pour écrire leurs directives anticipées, à ne pas faire l'autruche en se croyant immortel : la mort touche tout le monde et à tout âge, souvent sans prévenir.

 

Je ne veux pas qu’on m’oblige à vivre plus que de raison.

Je ne veux pas qu’on m’inflige des souffrances morales voire physiques pour me donner quelque temps de vie supplémentaire, pour quoi faire ? J’ai 70 ans, ait bien vécu mais durement, la vie n’a pas été facile et j’y renoncerai sans état d’âme. Je travaille dans le bénévolat pour me rendre utile aux autres, alors que je bénéficie d’une retraite de l’état, pas grosse certes, mais plus que la moyenne des indigents.

 

La seule chose que je demande à la médecine est de m’aider pour ne pas souffrir pour mourir.

Je ne crois pas que le simple fait d’être endormi empêche toute souffrance.

Trop de témoignages de personnes restées longtemps dans un coma apparent et qui ont tout entendu, tout ressenti, souffrances incluses.

Et pourquoi mes proches devraient-ils me regarder mourir à petit feu, alors que je ne peux plus communiquer avec eux ? Dès lors que la mort est le seul horizon, autant que çà se termine vite.

 

Merci de m’avoir lu.

 

Avec mes meilleurs sentiments

 

 

Vendredi 29 janvier : Nouveaux droits pour les malades en fin de vie

Après de longs débats de haute tenue qui ont fait honneur à la démocratie parlementaire, la loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie a été adoptée mercredi dernier.

Ce texte, fruit d’un compromis entre l’Assemblée Nationale et le Sénat, comporte des avancées significatives même si, afin de permettre leur adoption par une large majorité venue de tous les bancs, il ne permet ni l’euthanasie, ni le suicide assisté.

La loi prévoit en revanche que les patients en fin de vie présentant une « souffrance réfractaire au traitement » pourront demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Un droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir.

Celle-ci est mise en œuvre de manière collégiale. Le médecin doit en informer le malade, la personne de confiance, la famille ou, à défaut, un des proches du malade. La procédure est inscrite dans le dossier médical.

Par ailleurs, les directives anticipées rédigées par un patient pour régler l’hypothèse où il serait hors d’état de s’exprimer concernant sa fin de vie s’imposeront désormais au corps médical. Ces directives touchent « les conditions de la poursuite, de la limitation, de l’arrêt ou du refus de traitement ou d’actes médicaux ».

La réforme prévoit toutefois des exceptions.

Le médecin peut refuser d’exécuter ces directives :

  • En cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation ;

  • quand elles apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale.

Point important, ces directives sont révisables et révocables à tout moment, y compris verbalement, par vidéo ou message téléphonique oral ou écrit.

Enfin, toute personne majeure pourra désigner une personne de confiance (un parent, un proche ou le médecin traitant par exemple), qui sera consultée au cas où le patient serait lui-même hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire.

Son témoignage prévaut sur tout autre témoignage. Cette désignation est faite par écrit et cosignée.

Cet ensemble de mesures nouvelles, défendues conjointement par les deux co-auteurs de cette proposition de loi, Alain CLAYES (PS) et Jean LEONETTI (Les Républicains) permet d’aller le plus loin possible pour établir un consensus sur ce sujet difficile, qui relève des convictions intimes de chacun. Entre ceux qui dénoncent une légalisation de l’euthanasie (ce que ce texte n’est pas) et ceux qui voudraient aller plus loin, ce point d’équilibre constitue une étape majeure pour le droit de mourir dans la dignité.

 

Alain CALMETTE - Député du Cantal
Permanence Parlementaire • 8, boulevard du Pont Rouge 15000 AURILLAC -

Tél : 04 71 43 50 22
www.alaincalmette.fr

 

 

 

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Published by jacqueline.salenson
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  • : lois et santé, fin de vie, mort: pour que les lois permettent enfin aux médecins de respecter les volontés des "patients" dont les demandes d'aide à mourir (euthanasie volontaire) dans certaines conditions, quand l'intéressé estime que sa vie n'est plus digne d'être vécue (agonie, lourd handicap lié ou non à une maladie, incurabilité et souffrances)
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