Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
www.jacqueline.salenson.fr

www.jacqueline.salenson.fr

QUESTIONS DE VIE ET DE MORT, DROIT AU SUICIDE ACCOMPAGNE LOIS DU SYSTEME DE SANTÉ QUANT A LA FIN DE LA VIE/ pour que les lois permettent enfin aux médecins de RESPECTER les volontés de tous les citoyens quant à leur vie, leur santé, leur mort, exprimées dans leurs DIRECTIVES ANTICIPEES avec leur PERSONNE DE CONFIANCE nommée par écrit, Y COMPRIS en cas de DEMANDE D'INTERRUPTION DE VIE VOLONTAIRE, en fin de vie, avec "le choix" et "Ultime Liberté"

réponses de zazo aux 8 raisons des catholiques des soins palliatifs de refuser le changement de loi sur la fin de vie

En rouge, ci-dessous, propos d'une citoyenne qui a cotoyé la fin de vie quotidiennement pendant plus de 20 ans,  en réaction aux huit points de l'argumentaire d'un " Collectif" opposé  à la légalisation du Droit à l'euthanasie en France.

 

1. Vivre dans la dignité, jusqu'au bout de sa vie. Toute personne est intrinsèquement digne. Considérer que l'on assure la dignité d'une personne en lui donnant la mort est une défaite de l'humanité. Digne de quoi? Digne tout court ne veut rien dire. Et c'est à chacun de savoir ce qui est digne pour lui-même et ce qui ne l'est pas. On a donc le droit de penser que telle ou telle fin de vie ne sera pas digne d'être vécue par soi-même, ne vous en déplaise.

2. La loi doit protéger les plus fragiles. Nos choix personnels ont tous une portée collective, surtout lorsqu'ils impliquent un tiers, comme dans le cas de l'euthanasie ou du suicide assisté. Vouloir hâter sa mort est une revendication de quelques rares personnes déterminées, qui pèserait sur les plus faibles : les personnes isolées, âgées et/ou d'origine étrangère, qui sont susceptibles d'être soumises à toutes sortes de pressions. Ce ne sont pas les personnes les plus fragiles qui demandent une aide à mourir, mais celles qui ont plutôt du caractère. Les "plus fragiles" comme vous dites, laissent davantage les choses aller et suivent leur médecin ou leurs proches, quand elles ne nous font pas la surprise de se jeter du haut d'un pont ou sous un train désespérées. Libre à elles, mais dans ces cas -là seulement? Le poids de la culpabilité des proches dans ces cas aussi soudains que terrifiants, ce serait un poids zéro pour les proches et les témoins?  Et puis NON! La loi belge n'autorise pas vos proches à faire une demande d'euthanasie à votre place si vous ne l'avez pas faite et refaite vous-même! Enfin, une loi qui permet n'est pas une loi qui oblige. Donc NON, mon choix  ne pèsera sur personne, puisque mon choix ne sera que MON choix, préparé sereinement, expliqué et sûrement compris en plus. Ce ne sera pas celui d'un frère, ni d'un voisin, encore moins d'un héritier ou d'un ayant-droit quelconque à ma place!

3. Les soins palliatifs doivent être offerts à tous. Les soins palliatifs doivent être un droit partout et pour tous. Actuellement, bien trop de patients n'y ont pas accès. Cela doit changer. Appliquons la loi, toute la loi, rien que la loi. Mais soins palliatifs et euthanasie sont incompatibles. Le développement de celle-ci nuit aux premiers. Les soins palliatifs préviennent et soulagent les souffrances alors que l'euthanasie vise à hâter la mort intentionnellement. Donner la mort, même par compassion, ne sera jamais un soin. Les praticiens des soins palliatifs le disent : pourquoi ne les écoute-t-on pas ? Les Soins palliatifs, les soins palliatifs... Bien sûr qu'ils sont compatibles (quand ils existent) avec le Droit de demander une belle mort. En Belgique on peut choisir l'un ou l'autre, ou l'un après l'autre! Sauf que les unités de SP en France, ils sont où? Ceux de l'Hôpital du Mans qui avaient fermé sont-ils re-ouverts? Moi dans tous les Ehpads que je connais je n'en ai pas vu trace. Je n'y ai vu que des équipes de personnels réduites. Quant au fait de "donner la mort"... Que fait la sédation profonde - qui paraît vous satisfaire - , autorisée en France, que fait-elle d'autre que donner la mort?? Sauf que le "patient" - qui porte bien son nom pour le coup -  ne meurt qu'au bout de plusieurs jours de souffrances peu enviables, avec parfois des vomissements importants, (en position allongée vous n'imaginez pas...) des sursauts impressionnants, des propos plus ou moins délirants, des demandes à boire sans droit de réponse, etc... Les âmes sensibles devront s'abstenir de visite, c'est trop triste. "ON vous préviendra quand..." Aussi, si la mort est garantie par la sédation profonde, celle-ci, contrairement à la belle mort, peut  être commandée à votre médecin uniquement par vos proches s'ils n'en peuvent plus de vous voir gémir en fin de vie. Même si vous n'aviez rien demandé dans ce sens! Alors qu'une belle mort, autrement dit une "euthanasie", ne vous sera accordée QUE si c'est bien vous, sans aucun doute possible, qui en aurez fait et refait la demande, incontestablement. Dernière précision: une euthanasie n'est pas plus douloureuse qu'une anesthésie et est aussi rapide. Environ 3 mns.

4. Dépénaliser l'euthanasie, ce serait obliger chaque famille et chaque patient à l'envisager. Voulons-nous, face à une situation de souffrance, nous interroger sur l'opportunité d'en finir, pour nous ou pour nos proches ? Souhaitons-nous, face à un diagnostic, faire entrer la piqûre mortelle dans le champ de nos questionnements - voire imaginer que nos proches se posent la question pour nous ? Permettez qu'en entendant de tels arguments je doute un peu de votre bonne foi. La loi légalisant l'avortement oblige-t-elle toutes les femmes à avorter?  Aussi, là vous craignez que mes proches pourraient décider d'une euthanasie pour moi sans que cela soit ma profonde volonté? Si vous ne savez pas que c'est absolument illégal et bien contrôlé en Belgique, comme en Suisse pour l'aide au suicide, c'est que vous ne connaissez pas du tout votre sujet. Auriez-vous vendu votre âme pour dire ces contre vérités sur le ton du vrai? Cela se fait, mais je ne veux pas croire qu'en France on en soit arrivé là.

5. L'euthanasie réclamée dans les sondages est une demande de bien-portants, elle occulte la parole des patients. Les seules personnes consultées sont des bien-portants alors que les seules personnes concernées sont les patients. Personne ne peut se projeter sincèrement dans sa fin de vie et affirmer savoir ce qu'il souhaiterait alors effectivement. Si certaines personnes ne savent pas à quoi peuvent ressembler les souffrances engendrées par certaines pathologies, ignorant même les souffrances psychologiques dues uniquement à la grande dépendance pouvant être liée au très grand âge, d'autres en revanche n'ont aucun mal à se l'imaginer et PEUVENT donc se projeter! En attendant, c'est bien vous qui "en bonne santé" je suppose, voudriez m'imposer des souffrances que je ne veux pas avoir à supporter!! Si vous étiez atteint comme on peut être atteint, m'imposeriez-vous une seule conduite à tenir? Ce n'est pas certain. Bien sûr, on peut tout accepter, mais on devrait aussi avoir le Droit de pouvoir dire stop! Enfin soyons honnêtes: si en toute fin de vie, en Soins Palliatifs, un patient ne demande pratiquement jamais d'aide à mourir d'après vous, pensez-vous qu'arrivé à ce stade, avec les anxiolitiques ou leurs cousins, ou tout simplement anéanti car devenu trop faible, croyez-vous qu'ON ait la force de demander ce genre de chose? Faites vos sondages autrement s'il vous plait!

6. Se tromper sur une demande d'euthanasie serait une erreur médicale sans retour. Aucun patient ne reviendra jamais d'une euthanasie pour faire valoir une erreur de diagnostic ou une méconnaissance de la nature réelle de sa demande. Pouvons-nous seulement tolérer un tel risque ? Face à des situations par nature ambivalentes, quel risque acceptons-nous de courir : celui de vivre encore un peu quand on voulait mourir, ou celui de mourir quand on voulait encore vivre ? En Belgique, ainsi qu'en Suisse, ce risque n'existe pas! Et puis moi, si j'ai la chance de pouvoir bénéficier à ma demande, d'une belle mort un jour, chers amis soyez en sûrs: je n'aurais pas ce genre de remord longtemps une fois morte! En revanche, dans un pays où ces pratiques ne sont pas encadrées par la loi, comme en France par exemple, on euthanasie peu ou prou clandestinement doucement mais sûrement. Mais qui? comment? Où et à quel prix? Aussi, avant la loi légalisant l'avortement, croyez-vous que les embryons, ne dépassaient pas trop souvent l'âge limite autorisé aujourd'hui par cette loi? Une loi qui encadre une pratique éthique demandée par une personne en souffrance est toujours la bienvenue. Un progrès. Mal venu peut-être pour ceux qui se font un énorme bénéfice en vendant quoi que ce soit pour soigner les souffrances inapaisables... Mais là ce n'est plus une question d'éthique.

7. Demander la mort n'est pas toujours vouloir mourir. Vouloir mourir signifie presque toujours ne pas vouloir vivre dans des conditions aussi difficiles. Demander la mort parce que l'on souffre, est-ce vraiment un choix libre? Mais pour qui vous prenez-vous pour affirmer des choses pareilles? N'interprétez pas! Moi si je vous dis que dans certains cas, sûr, je préférerai mourir, c'est que dans certains cas, sûr, je préférerai mourir!! Et je ne suis pas la seule à savoir ce que je dis quand je dis quelque chose! Une chose est sûre à mes yeux: celui qui ne veut pas entendre n'entend pas! 

8. Légaliser l'euthanasie, c'est la banaliser sans éviter les dérives. La légalisation repousse les limites des dérives vers des pratiques toujours plus extrêmes. Après l'euthanasie des patients en fin de vie, on en vient à celle des mineurs, puis des personnes atteintes de troubles mentaux, puis l'on passe outre les conditions fixées par la loi, et parfois même outre le consentement du patient. Statistiquement, les dérives sont plus nombreuses encore dans les pays qui ont légalisé l'euthanasie. Vous mentez. C'est forcément faux pour les dérives. Voir plus haut. Et enfin, tout le monde ne demande pas une euthanasie en Belgique, loin de là, ni ne se suicide en Suisse non plus. Allez voir les statistiques sur Internet: A proportion, on se suicide beaucoup beaucoup plus en France! Quant à vos extrapolations, ce n'est que du fantasme. Seriez-vous prêts à demander un débat public par exemple avec Olivier Falorni? Si vous n'avez pas peur d'être ridicule, vous devriez répondre oui. Non?

 

 zazodelatelindiere.blogspot.com

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article