18 Septembre 2018
pour une fois,, un article pas mal fait!
elle a fixé la date de sa mort, c'est un grand mot, elle n'a pas encore décidé du jour et de l'heure, mais les grandes lignes sont là:
ne pas dépasser 75 ans pour ne pas risquer un reste de vie dont elle ne veut pas
c’est un choix personnel, rien de plus.
Cela ne devrait pas agiter les catholiques et ceux qui profitent de l’argent des vieux autant que çà le fait...clientèle à perdre ??? beaucoup d’argent en jeu… la religion est un masque…
"tu décrètes que j’ai l’air d’aller bien et que je ne souffre pas. Mais qu’est-ce que tu en sais ?
Toi, tu n’as pas 75 ans, tu ne peux pas savoir ce que ça fait d’avoir mon âge et d’avoir mal partout. Je ne peux plus courir comme avant, je suis fatiguée plus vite, j’ai les vertèbres qui sont toutes tassées, mes gestes sont moins précis, je souffre d’ostéoporose… J’ai la tremblote, regarde. Ça ne voit pas encore mais, si, si, je t'assure, je tremble."
"Franchement, est-ce que tu trouves que ce pays donne envie de vieillir ?
Quand on voit les mouroirs pleins à craquer, les aides-soignantes en burn-out qui font des tentatives de suicide tellement qu'elles n’en peuvent plus de devoir traiter les vieux comme des animaux…"
souvent les animaux sont mieux traités...
« Ce qui choque, c’est que je ne suis pas agonisante.
Parce qu’en France, pour être autorisé à mourir, il faut être à l’article de la mort et hurler sa souffrance.
On a voté la loi Léonetti en 2005 pour empêcher l’acharnement thérapeutique et empêcher les euthanasies clandestines pratiquées dans beaucoup d’hôpitaux pour libérer des lits.
Cette loi a été prolongée en 2016 pour permettre aux malades graves en phase terminale d’être « endormis » par des sédatifs. Tout cela dans le but d'abréger la souffrance avant la mort.
Mais ça ne va pas assez loin. C’est une manière très hypocrite de ne pas aborder le problème de la fin de vie. Le discours, c’est : « Souffrez et on vous aidera à supporter jusqu’à ce que le corps s’arrête. » Et on doit se débrouiller avec ça ! »
Et surtout, seul le médecin reste apte à décider de nos vies !!! pas l’intéressé.e !!!
les médecins ont un pouvoir exorbitant pour empêcher les suicides, y compris des vieux et moins vieux qui souffrent de façon incurable…
« Mais comment pensez-vous que les proches vivent cette attente interminable de la mort ?
Et comment le vit-on soi-même ? Et bien, moi, je n’ai pas envie d’en arriver là.
Je ne veux pas enrichir les lobbies pharmaceutiques qui produisent des médicaments à prix d’or pour faire des chimiothérapies qui ne servent à rien ; ni contribuer à renforcer le marché de maisons de retraite cotées en Bourse.
Je n’ai pas envie qu’on décide pour moi si je suis apte à mourir ou non. Je ne suis plus une enfant, je sais ce que je veux. »
« Écoute, il faut être raisonnable : à un moment, la vie, ce n’est plus une vie… Juste un simulacre de vie, un prolongement inutile, pesant et coûteux pour tout le monde. »
« Je fais tout ce cirque médiatique pour faire avancer le débat sur le sujet du suicide assisté.
J’ai été vice-présidente de l’association ADMD France pendant cinq ans et
je participe à un groupe de travail de l’associationExit, en Suisse, pour essayer de faire passer dans la loi le « suicide de bilan », c’est-à-dire le droit de décider de mourir sans avoir de maladie incurable, à partir de 75 ans. »
mais la vieillesse est en elle même une maladie incurable !
« Toutes ces réflexions m’habitent depuis plus de trente ans.
En 2006, lorsque j’habitais au Vénézuéla, j’avais déjà créé ma propre association pour l’autodétermination en fin de vie.
Et puis, la question de la souffrance et de la mort est inscrite dans mon inconscient.
Ma grand-mère est morte à 38 ans dans des souffrances atroces d’un cancer du sein non soigné. C’était en 1930, sous Staline, et il n’y avait pas de sédatifs pour soulager la douleur. Ma mère avait huit ans et elle n’a jamais oublié les cris terrifiants qu’elle poussait pour supplier son mari de l’achever.
Tout de suite après, mon grand-père a fui la répression contre les intellectuels russes pour tenter de rejoindre la Chine, par Vladivostok et la Mandchourie.
Je suis née en Chine et quand j’étais petite, à Saïgon, je voyais défiler des soldats estropiés par la guerre d’Indochine qui sautillaient sur leur tronc.
J’entendais les gens dire : « Ils ont été sauvés ». Mais moi je me disais qu’il aurait mieux valu qu’ils meurent.
Plus tard, ma mère a lutté pendant trois ans contre un cancer du pancréas.
Le chirurgien voulait l’opérer, à 74 ans ! Je suis entrée de force dans le bureau du médecin de service pour lui intimer l’ordre de stopper l’opération. Et puis j’ai ramené maman à la maison pour qu’elle finisse ses jours en paix. On n’opère pas quelqu’un de mourant !
Après c’est mon père qui a été atteint d’Alzheimer. Une maladie terrible. Je l’ai aussi accompagné jusqu’au bout. Tu vois, la mort, je l’ai pas mal regardé en face dans ma vie. »
« Tu ne crains pas qu’on t’assimile à ceux qui sont favorables à l’euthanasie active des vieux pour lutter contre le vieillissement de la population en occident ? Une sorte de « solution finale » soft comme dans Soleil Vert, de Richard Fleischer ?
Mais c’est n’importe quoi, ça !
L’euthanasie est légale aux Pays-Bas depuis 2001, en Belgique depuis 2002, et ça n’a pas provoqué un tsunami de suicides assistés non plus ! Quelques centaines de cas chaque année, guère plus.
En France, il y a 200 000 tentatives de suicide tous les ans, dont la plupart échouent d’ailleurs, avec des conséquences dramatiques.
Ce qu’on propose, c’est d’aider les gens à partir « en pleine conscience », lorsque leur décision est irrévocable. On est loin des théories fumeuses d’un complot anti-vieux.
Mais ce combat-là dépasse la plupart des gens parce que ça les renvoie à la perspective de leur fin. On n’est pas programmé pour ça. Et nous, les vieux, on nous prend pour des cons parce qu’on fait peur à tout le monde. Faudra-t-il faire un mai 1968 des vieux pour être enfin écoutés et pris au sérieux ? »
je suis entièrement d'accord avec elle même si mon projet de mort volontaire est un projet solitaire et que je n'ai pas encore fixé la date.