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www.jacqueline.salenson.fr

QUESTIONS DE VIE ET DE MORT, DROIT AU SUICIDE ACCOMPAGNE LOIS DU SYSTEME DE SANTÉ QUANT A LA FIN DE LA VIE/ pour que les lois permettent enfin aux médecins de RESPECTER les volontés de tous les citoyens quant à leur vie, leur santé, leur mort, exprimées dans leurs DIRECTIVES ANTICIPEES avec leur PERSONNE DE CONFIANCE nommée par écrit, Y COMPRIS en cas de DEMANDE D'INTERRUPTION DE VIE VOLONTAIRE, en fin de vie, avec "le choix" et "Ultime Liberté"

réflexions sur notre sytème médical et fin de vie, lecture du livre de Christine Malevre

Je n'avais pas encore eu l'occasion de lire le livre de CHRISTINE MALEVRE : "mes aveux", paru en 1999

Mais ce livre permet de mieux réfléchir à notre système de santé qui privilégie la technique à l'humain au détriment des malades auxquels on retire leur droit de décider de leur vie, alors qu'elle va finir.

je vous conseille sa lecture.

J'en avais vaguement entendu parler mais je n'étais pas encore impliquée dans la défense d'une fin de vie libre et choisie selon ses convictions propres, militantisme que j'ai commencé en octobre 2004:

Lorsqu'on va mourir (la personne le sait même si elle ne le dit pas ou le nie, c'est une chose que l'on sent ) la question est   :

Puis-je choisir? et si je m'accorde ce droit, où et quand? comment?

Les religions en général interdisent la mort volontaire - SAUF héros, martyrs et soldats sont les armées ont été bénies - , pourtant largement plébiscité par les anciens et modernes stoïciens dont on parle de plus en plus dans notre société qui devient de plus en plus athée ou agnostique et s'éloigne beaucoup des églises constituées et de leurs dogmes , même pour ceux qui "croient" encore. Le catholicisme valorise toujours la souffrance qui permettrait de gagner la vie éternelle au paradis.

Pour tous ceux qui pensent avoir le droit de choisir leur façon de mourir, car c'est encore leur façon de vivre leur vie, le choix se pose entre:

le lieu : mourir chez moi ou chez un proche, en institution - ehpad- ou à l'hôpital

la façon : accepter ou refuser les souffrances de la fin de vie jusqu'à l'agonie et la mort.

si je refuse les souffrances physiques et morales (atteinte à ma dignité), quels moyens employer?

demander aux médecins une sédation partielle ou terminale, une aide active à mourir par euthanasie ou aide au suicide

décider seul.e de ma fin  de vie en me suicidant, par des moyens doux de préférence, pour préserver mes proches, que j'aimerais connaitre et pouvoir utiliser comme les barbituriques, médicaments proscrits actuellement en France, et considérés comme les meilleurs en Suisse, Belgique et autres pays ayant permis l'aide au suicide. Certain.e.s préfèreront agir seul.e.s d'autres aimeront tenir la main d'un ami ou d'un membre de leur famille à ce moment là. L'accompagnement ne devrait pas être pénalisable alors.

Notre système de santé encore patriarcal et soumis au catholicisme de Rome s'y refuse... mais la société évolue et la loi doit changer : enfin redonner au malade la décision sur sa vie, jusqu'à sa mort.

Le suicide n'étant pas un délit, accompagner humainement celui ou celle qui a choisi sa mort ne devrait pas être pénalisable.

Christine Malèvre : Infirmière accusée à tort en 1998 d'euthanasies  - considérées comme assassinats dans nos lois - pour avoir soulagé les souffrances agoniques de quelques rares patients demandeurs, par sédation accentuée. Elle a été traînée dans la boue par les medias, a été condamnée et a perdu le droit d'exercer son métier. Elle travaillait à l'hôpital dans un service où se mêlent des cas guérissables (pneumologie et neurologie) mais aussi des morts du cancer du poumon et de tumeur au cerveau. En 3 ans dans ce service elle a vu beaucoup de malades mourir lentement. La pneumologue admet qu'il lui arrive d'« aider à mourir dans la dignité », mais ne qualifie pas cette pratique d'euthanasie, apparemment c'est seulement de sédation profonde qu'il s'agit . Elle explique tout dans son livre « mes aveux » :

Aveux faux extorqués par un policier brutal qui l'a terrorisée.

Calomnies venant de collègues et des médecins patrons qui ne l'aimaient pas parce qu'elle reflétait par son exemple de passion mise dans son métier leur manque d'humanité et de conscience professionnelle :

« on n'est pas pressées... on boit le café ensemble avant de travailler... sans parler des pauses... pendant lesquelles le malade attend... pourquoi tu ne fais pas comme nous? Pourquoi tu restes à donner la main au mourant ? Pourquoi tu participes au deuil des familles en allant à des enterrements ? ... Ses collègues ne comprenaient pas qu'elle puisse quand même séparer sa vie privée de sa vie professionnelle. Le fait qu'elle soit amoureuse d'un handicapé l'a fait jugée « folle »... trop dévouée... Elle devait se marier, ils voulaient casser ce mariage contre raison pour eux !!!

https://www.marieclaire.fr/le-piege-du-metier-passion,1334032.asp :

Travailler dans un secteur qui nous tient à coeur, accomplir notre vocation, baigner dans son hobby au quotidien, voilà qui a des airs de job de rêve. Qui peut pourtant rapidement se transformer en cauchemar si on n’en définit pas clairement les limites. ... "Cela implique un engagement particulier dans le travail : corps et âme ; physique, psychologique, affectif… Cela renvoie à une forme de liberté et de créativité, mais aussi au fait que l’on a pas tellement besoin d’être payé ou rémunéré car l’activité professionnelle est porteuse d’un sens qui constitue sa propre rétribution. On en arrive à une définition quasi inverse de celle du travail classique, qui est normalement contraint et sert à gagner de l’argent", décrit la maîtresse de conférences à l'UFR STAPS de l'Université Paris Nanterre.

Face à la souffrance, aux supplications des malades , elle n'a pas fui dans l'indifférence...

elle a accompagné ses malades jusqu'au bout, et leurs familles aussi en partie.

On lui a reproché d'être humaine, compassionnelle... :  dans notre système on demande aux soignants de se blinder, de garder leurs distances pour ne s'occuper que de la technique. Surtout pas d'émotion, pas d'empathie, pourtant indispensables au malade... On admet un certain laxisme supposé compenser les difficultés du travail...

On lui a reproché son professionnalisme !  On demande aux infirmières une obéissance absolue à des médecins qui eux fuient pour la plupart devant la mort, se contentant de protocoles et de techniques , passant un œil depuis le couloir sur le malade et laissant aux infirmières le soin de se débrouiller avec leurs ordonnances... tant pis si le malade souffre, on ne sortira pas du protocole...

On lui a reproché de vouloir soulager humainement les souffrances, jusqu'à tenir la main au moment de la mort, jusqu'à participer au deuil de certaines familles qu'elle avait côtoyées pendant souvent une longue période d'agonie. Serait-ce interdit ???

Aucune aide morale venant du système : ni des médecins « patrons », ni des collègues,

pas de psychologue pour confier ses désarrois devant des souffrances non soulagées...

et des médecins et collègues blindés et affichant une grande indifférence aux souffrances des autres.

Médecins refusant d'augmenter les doses d'anti douleur à cause des protocoles techniques...

« le médecin passe, ordonnance, et repart. C 'est un technicien qui mesure son temps. »

"Je ne suis pas devenue infirmière par hasard : je souffre de la souffrance des autres, c'est une vocation une volonté profonde d'aider, de servir à quelque chose … J'espérais progresser, entrer dans une unité de soins palliatifs, nous n'en avons pas ici. … Ici on traite un corps, pas une âme. … Si la mort était toujours paisible, ce serait moins dur, mais cette saleté là est trop souvent diabolique dans la torture.

"L'infirmière n'a pas le droit de prendre une décision d'augmenter un tranquillisant , même très peu, sans en référer au médecin. Calmer l'angoisse d'un malade avec une faible dose de tranquillisant est en effet un geste anodin. La morphine soulage la souffrance physique, pas l'autre, celle de l'être conscient qui sent venir la mort. C'est vrai qu'il m'est arrivé de décider seule devant l'urgence de soulager la détresse de l'agonie.

"Une seconde d'inattention un jour d'urgence, une décision prise sans l'accord du médecin, je suis soupçonnable à merci. Car je le sais bien, on me trouve trop impliquée, trop proche des malades , trop intransigeante sur le respect qu'on leur doit. Je ne papote pas dans les couloirs pendant qu'un malade attend. On me trouve trop présente auprès des mourants. C'est vrai je fais mon possible pour qu'un patient ne meure pas seul. Je donne une présence, une écoute, une dignité pour l'être qui part

« J'aurais pu appeler le médecin ou l'assistant... Réclamer la prescription complémentaire et perdre du temps à attendre que l'assistant de garde veuille bien me répondre et se déplacer, puis décider ou non d'augmenter la dose de tranquillisant. Et il n'était pas sur du tout qu'il le veuille ! "Le dimanche n'est pas un jour simple à l'hôpital. Combien de fois nous nous sommes entendues répondre au téléphone : « ah non, il a sa prescription, ce n'est pas mon malade, moi je ne prends pas de responsabilités »... Personne ne veut se mouiller, même pour un cachet antidouleur ou quelques milligrammes de paix... « ce n'est pas mon malade »!

Dès l'accusation d'euthanasie par son chef, elle décide de mourir. Elle comprend qu'ils l'ont condamnée avant même de savoir. Elle prend des médicaments pour se suicider. Mais son compagnon s'en rend compte et appelle les secours. Elle est finalement sauvée. Ce qui pour le tribunal est un aveu de ses soi-disant fautes. Les psychiatres l'enfoncent au lieu de l'écouter.

Heureusement sa sœur l'a soutenue sans jamais défaillir. Le reste de sa famille aussi. Par contre son amoureux l'a abandonnée, à cause du scandale dans les medias qui a dérangé sa famille. Pas assez d'amour pour passer outre. Le mariage n'a pas eu lieu. Finalement un grand service pour elle, mais passage douloureux.

Le 31 janvier 2003, Christine Malèvre est reconnue coupable de six assassinats. Elle est alors condamnée à 10 ans de réclusion criminelle et à verser 92 910 euros de dommages-intérêts. Elle fait appel de cette condamnation. Christine Malèvre est acquittée du meurtre de Denise Le Maout. Le second jugement, le 15 octobre 2003, a porté sa peine à 12 ans de réclusion. En attendant le procès en appel, elle est maintenue en détention, ce que contestent ses proches et ses partisans, notamment au nom du droit à la présomption d'innocence et au motif que sa libération ne porterait en aucun cas atteinte à l'ordre public.

Christine Malèvre a été libérée en août 2007 après avoir purgé 4 ans de prison.

Des journalistes dont Laurent Ruquier ont pris position en sa faveur avant qu'elle ne soit jugée à la suite de la publication du livre "Mes aveux" racontant sa version des faits.

Des médecins comme Bernard Kouchner et Denis Labayle l'ont soutenue.

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Un jugement comme celui du Dr Bonnemaison, condamné lui aussi pour avoir soulagé les souffrances finales :  notre système judiciaire condamne l'humanité en médecine!!!

Nous ne sommes plus que des objets d'étude pour nos médecins - sauf exceptions heureusement.

Mais le système forme des technocrates, aptes à délivrer des ordonnances préfabriquées (protocole), apprentissage par "bigpharma", chirurgie et chimie uniquement, selon les résultats des analyses, radios, scanners, largement prescrits.

Nos médecins ne nous touchent plus, ne nous écoutent que rarement: ils n'ont pas le temps... on veut privilégier la médecine à distance par ordinateur...

Et pourtant on sait depuis toujours que l'écoute, la parole, le toucher sont les premiers ingrédients de tout soin de qualité... Donner la main à un mourant est lui reconnaitre sa dignité humaine jusqu'à la fin. Lui reconnaitre le droit de décider de sa vie, jusqu'à sa fin, c'est reconnaitre son humanité.

 

 

 

 

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