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www.jacqueline.salenson.fr

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QUESTIONS DE VIE ET DE MORT, DROIT AU SUICIDE ACCOMPAGNE LOIS DU SYSTEME DE SANTÉ QUANT A LA FIN DE LA VIE/ pour que les lois permettent enfin aux médecins de RESPECTER les volontés de tous les citoyens quant à leur vie, leur santé, leur mort, exprimées dans leurs DIRECTIVES ANTICIPEES avec leur PERSONNE DE CONFIANCE nommée par écrit, Y COMPRIS en cas de DEMANDE D'INTERRUPTION DE VIE VOLONTAIRE, en fin de vie, avec "le choix" et "Ultime Liberté"

information admd et les sourds et malentendants à tournai

reçu de Christine SERNEELS,   cserneels@telenet.be

 

 

 

7 novembre 2012 à Tournai

 

ASMT = Association des Sourds et Malentendants du Tournaisis.

 

Le privilège m’a été donné d’être invitée à Tournai pour informer un groupe de personnes de l’Association des Sourds & Malentendants au sujet de la fin de vie.

Pour cette séance d’information et de réflexion, le Dr. Yves de Locht et François Remy, bénévoles à l’ADMD, m’ont très gentiment accompagnée.

Dans un premier temps, nous étions tous les trois complètement déstabilisés face à nos interlocuteurs.

Quand on n’a pas l’habitude, se trouver face à des personnes qui souffrent de surdité est déroutant ; les codes de communication sont en effet tout à fait différents.

Puis, grâce aux explications de notre interprète gestuelle, et motivée par mon empathie, par mon réeldésir de communiquer, je prends lentement consciencede la façon de procéder.

Les mains s'ouvrent, les doigts se délient et entrent dans un ballet étourdissant, plein de subtilité.

C'est un duo à quatre mains qui s’anime, puis six mains s'agitent, huit mains dessinent des arabesques dans l'air, c'est fascinant ! Les questions fusent de toutes parts à tel point que je n’arrive pas à commencer l’exposé pour lequel je suis invitée.

Comme le savent celles et ceux qui l’ont déjà côtoyé, le monde des sourds ou malentendants s’avère assez bruyant : un enfant joue avec son père en émettant des cris que ses voisins n’entendent pas bien sûr. Le bruit d’une bouteille qui tombe nous coupe la parole à mes compagnons orateurs et à moi-même, mais ne détourne aucunement l’attention de ce public. Un chien circule dans la pièce en émettant des grognements. Rien de tout cela ne perturbe l’assemblée ni n’altère la convivialité et l’enthousiasme de nos hôtes.

 

Un échange, très riche, s’installe rapidement. Nous sommes directement plongés dans le concret, dans le pratique. Naît un partage empreint de beaucoup d’humour, de chaleur et nourri de questions de plus en plus pointues. Il y a les rires aussi, et même, s’ils n’ont que les mains pour l’exprimer, des mots d’humour et des blagues fusent de partout. Le langage est franc, sincère et bon enfant.

 

Amalia, notre interprète suit chaque intervention avec maestria et observe toute nouvelle interrogation. Ses mains, pleines de souplesse, s'activent autant que sa bouche pour traduire nos mots, tout en traduisant leurs pensées.

L’intérêt grandit au fur et à mesure de nos réponses. La confiance s’établit.

 

Le Dr. Yves de Locht, François Remy et moi-même restons impressionnés par les remarques, la franchise, la cordialité et la convivialité avec lesquelles le débat s’organise.

 

Progressivement, nous prenons conscience de l’énorme problème de communication mutuelle, auquel ces personnes doivent constamment faire face et notreméconnaissance du monde de ce handicap. 

 

Tandis que notre interprète en « langue des signes » réussit à faire tomber toutes les barrières - oserais-je dire - de la langue, le débat devient un des plus beaux, des plus animés, des plus enrichissants de tous ceux auxquels j’ai participé.

Soudain, une dernière question jaillit et me fend le cœur... "Je suis sourd et muet, je vais peut-être devenir aveugle, Docteur, pourrais-je bénéficier d'une euthanasie ?"

J'aimerais avoir la possibilité d'élargir ces Lois sur la fin de vie, rédigées par des êtres en bonne santé et qui ne sont pas conscients de leur bonheur de jouir de leurs cinq sens !

Et si ces Lois étaient dorénavant rédigées par des personnes ayant un handicap ou subissant quotidiennement des souffrances inapaisables ?

 

A la fin du débat vient le moment des applaudissements … que nous, les trois orateurs, leur envoyons généreusement…

Les Sourds n’ont pas l’habitude d’applaudir en frappant les mains l’une contre l’autre ! De ce fait, ils nous répondent avec un large sourire et leurs mainsinvitent les nôtres à danser sur le rythme de« ainsi font, font, font les petites marionnettes».

 

Embrassades chaleureuses et au revoir émouvant.

Quelle expérience extraordinaire, inoubliable ! Quelle belle leçon d’humilité !

Merci à vous tous pour ce cadeau, ce merveilleux partage et pour cet enseignement.

 

Merci à Monsieur Fiévet pour l’invitation, à Sabrina pour l’organisation et surtout à Amalia pour sa généreuse prestation.

 

En route pour de nouvelles expériences !

P.S. Suite à cette prestation, j’ai reçu la proposition d’inclure sur le site de l'ADMD une vidéo en Langue des Signes afin que les personnes sourdes puissent comprendre les explications.  Nous avons appris que certaines d’entre elles ne savent ni lire ni écrire. Bien sûr ! Elles ne connaissent pas les sons !

L’ADMD serait-elle intéressée par cette belle et généreuse idée ?

Plus de 8% de la population belge souffre de ce handicap ! A vous de juger !

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