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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 16:24

http://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/Fin-aller-plus-vite-musique-2017-03-21-1200833522

le 21/03/2017 à 10h19

Bertrand Galichon, président du Centre catholique des médecins français (CCMF),

urgences de l’hôpital Lariboisière

JE SUIS RÉVOLTÉE PAR CET ARTICLE,

MONTRANT BIEN L'OPPOSITION DES MÉDECINS CATHOLIQUES, EN PARTIE DU MOINS, À LA LIBERTÉ DE CHOIX DE VIE DE LEURS PATIENTS.

Et pourtant, DES MÉDECINS CATHOLIQUES SONT FAVORABLES AU RESPECT des idées sur la vie, la mort, de leurs patients, même si elles sont différentes des leurs.

(lire le livre : un médecin catholique...)

Ma critique de cet article très marqué par le mépris catholique pour le « bon peuple »… en bleu, ces médecins catholiques qui veulent imposer leurs convictions philosophiques aux autres, contre lesquels M Leonetti puis M Clayes avec lui a essayé de poser des droits pour les malades.

Extraits avec mes commentaires :

…………...

Pourquoi le gouvernement lance-t-il cette campagne « d’information » ?

Il s'agit simplement d'informer les citoyens de leurs droits dans le système de santé : directives anticipées (nos volontés pour notre fin de vie) et personne de confiance qui vont de pair, puisqu'on constate que jusque là, rien n'a été fait pour faire connaître ce dispositif.

……………...

La conclusion de l'article:

« Les personnes de confiance commencent timidement à être nommées.

Directives anticipées et demandes de sédation ne sont pas retrouvées dans les dossiers des patients… Cela a bien une signification… »

Oui, justement,

  • que les patients ne connaissent pas leurs droits,

  • qu'ils n'ont pas réfléchi à écrire ce qu'ils veulent pour leur fin de vie et surtout ce dont ils ne veulent pas, et

  • que des médecins comme ceux là ne les encouragent pas du tout à le faire, voulant garder le pouvoir sur la vie des autres…

Où commence pour eux l'acharnement médical ? Car c'est de cela qu'il s'agit, l'obstination déraisonnable de la loi n'est pas définie, à juste titre, car ce qui est raisonnable pour l'un est déraisonnable pour l'autre, en ce qui concerne un reste de vie.

C'EST DONC AU PATIENT DE DIRE CE QUI, POUR LUI, EST RAISONNABLE OU PAS.

Continuer des traitements jusqu'à quel état de santé irréversible ?

La vraie question est : pourquoi les malades ne se saisissent-ils pas de ces « nouveaux droits » qui leur sont donnés ?

Le but poursuivi est de créer les conditions pour une loi explicitement favorable à l’euthanasie.

Non. Une loi « favorable à l'euthanasie » est une façon de parler qui condamne par avance la liberté de choix de la personne sur sa vie : le mot « favorable » est mal choisi, délibérément sans aucun doute...

Il ne s'agit pas de « favoriser » mais de PERMETTRE que des médecins puissent soulager des patients de leur souffrance de la fin de vie, comme chaque patient le souhaite.

Les aider à mourir, lentement ou vite, avec ou sans souffrances, selon leur propre éthique.

Le but est d'ÉDUQUER LES CITOYENS à faire valoir leurs droits, et à ne plus se laisser gouverner par des médecins plus soucieux de la vie à n'importe quel prix et de leurs gains trop souvent, que du bien-être de leur « mourant ».

Ne plus laisser les gens SUBIR la décision médicale, fusse-t-elle avec une équipe médicale et un 2ème médecin,

DÉCISION QUI EST TOUT SAUF « COLLÉGIALE »,

SI ON COMPREND LE SENS JURIDIQUE DE CE TERME :

un collège est un groupe indépendant en nombre impair de personnes désignées de différentes façons, sur toute la France de la même façon, qui prend ses décisions par vote à 50 % plus 1 voix (comme les jurés d'assise, et pas par consensus unanime!!!)

En cas d'égalité de voix, c'est le président qui décide : Président qui, pour la fin de la vie, devrait être non pas le médecin mais le « mourant », car c'est de SA VIE qu'il s'agit.

Qui devrait faire partie de ce collège ?

  • Les soignants concernés (mais l'équipe médicale n'est pas indépendante de son chef de service ) certes,

  • mais aussi et d'abord l'intéressé ou sa personne de confiance qui devrait être mandaté pour le remplacer s'il ne peut plus s'exprimer,

  • et il faudrait des personnes neutres (type « jurés », tirés au sort ? ) non soignantes extérieures à l'hôpital qui accueille le malade ?

LA NOTION DE DÉCISION COLLÉGIALE EST À REVOIR TOTALEMENT.

La loi devrait modifier le dit collège actuel, qui n'en est pas un en réalité.

…………….

Nous sommes passés d’un soin souvent perçu comme non ajusté au patient (acharnement ou abandon) avec l’arrière-pensée d’une douleur rédemptrice, à la volonté de proximité avec le souffrant et la recherche de la dignité du soin. Ainsi, la loi Claeys ne peut pas s’affranchir de la lente maturation des esprits. Ce ne sont pas les nouveaux droits et des opérations de « com’» qui vont rapidement changer la donne. (n'est-ce pas insultant pour les médecins qui se chargent d'informer la population de ses droits ? )

…………………..

Pourquoi le bon peuple conscient de sa finitude, inquiet des modalités de sa fin inéluctable, refuse-t-il de façon implicite de l’aborder de façon « moderne et rationnelle », ne serait-ce qu’en désignant une personne de confiance et en écrivant ses directives ?

Les gens NE REFUSENT PAS d'aborder le sujet de leur fin de vie, dès lors qu'on leur explique le pourquoi et le comment, mais ILS N'ONT PAS L'HABITUDE de s'exprimer quant à la fin de leur vie :

ILS ONT SOUVENT PEUR DES MÉDECINS, et encore l'habitude de s'incliner devant la toute puissance médicale :

ceux qui y renâclent se font « mal voir », donc mal soigner, on les laisse souffrir pour les « punir », çà se dit couramment dans le public et je l'ai malheureusement vérifié plusieurs fois.

Ne faut-il pas aussi interroger cette contradiction apparente entre son intérêt pour la question et son « immobilisme » ? Avons-nous pris toute la dimension de cette ambivalence qui cherche un ultime espace de liberté repoussant les protocoles « ceinture et bretelles » ? j'ignore de quoi il s'agit…

N’est-ce pas la part la plus essentielle de notre être qui est concernée ? En changeant son regard sur la mort, l’homme voit sa vie différemment. La fin de vie ne peut se réduire à une affaire de « droits à ». Elle est fondamentalement habitée par le désir d’un abandon apaisé.

De lourdes questions restent en suspens.

La sédation profonde et terminale ne permet-elle pas de masquer « l’intention euthanasique » pour certains soignants ?

TOUJOURS LE SOUPÇON catholique ... comme si un médecin pouvait vouloir « tuer » un patient… cela ne peut être que condamné, cela l'est toujours dans les pays qui ont donné aux patients la liberté de choix de leur vie et la possibilité d'être aidé dans sa mort volontaire.

L'euthanasie ( la mort volontaire, accompagnée, aidée) n'est pas affaire de décision médicale,

CE DOIT ÊTRE LA SEULE DÉCISION DU MOURANT, en fonction de sa propre éthique ou philosophie de vie , qu'il a pu exprimer depuis longtemps dans ses directives anticipées, et répéter au cours de ses années de vie.

Les directives anticipées : comment mettre des mots, et lesquels, pour devoir maîtriser un imprévisible indicible ? Que dirons-nous vraiment au pied du mur ?

Toujours cette idée saugrenue que notre philosophie de vie pourrait changer brutalement, près de la mort.

Non, un être humain adulte responsable qui a longuement réfléchi à sa mort, ne change pas d'éthique brutalement, et les directives ne sont destinées qu'à permettre l'expression de quelqu'un qui ne peut plus s'exprimer, définitivement !

Remet-on un testament en cause, parce que le mort a passé une partie de sa fin de vie incapable de s'exprimer ? Non.

L'expression de toute personne est toujours prioritaire sur ses écrits précédents.

Mettre l’autonomie comme principe éthique premier permet à une campagne d’information bien conduite sur la loi Claeys de considérer l’inéluctabilité de l’euthanasie.

……………….

La confiance réciproque ne doit-t-elle pas être la pointe ultime du soin ou l’essentiel épuré du soin ultime ?

Serait-ce idéal ? Je ne sais pas, on revient à l'idée patriarcale de la médecine.

Actuellement comment avoir confiance en des médecins qui ne vous écoutent pas, qui veulent vous imposer leurs choix, qui ne nous connaissent pas la plupart du temps lorsque nous arrivons en urgence à l'hôpital, loin de chez nous, et qui sont des acteurs de la gabegie de l'industrie pharmaceutique, qui ne nous respectent pas ?

Certes, tous les médecins ne sont pas ainsi, mais il y a trop d'influence de l'industrie dans notre système de santé.

N’est-ce pas à cette paix-là que la sagesse du bon peuple aspire ?

Ainsi, il aurait été plus ajusté de parler de devoirs, comme une exigence, de mettre notre dignité au service de celle du patient. Le reste en découlerait humainement.

Les familles à l’hôpital ne nous demandent pas autre chose.

Il ne s'agit pas des « familles » ! IL S'AGIT DU MOURANT, pas des autres personnes.

Et comment définit-on « la famille », mot passe-partout qui n'a pas de sens précis ?

Famille réduite, élargie, recomposée… ?

Si les proches sont au courant des directives anticipées de leurs membres, si celles ci sont écrites et connues depuis longtemps, il n'y a pas de réclamation en général :

LES PROCHES N'ONT QU'UN DROIT : LES FAIRE RESPECTER, QUELLES QU'ELLES SOIENT , comme on doit respecter un testament après la mort.

MAIS CHACUN A LE DEVOIR DE FAIRE CONNAÎTRE SES IDÉES SUR SA VIE, SA MORT, ET DE LES ÉCRIRE COMME PIÈCE ESSENTIELLE DU DOSSIER MÉDICAL.

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Published by jacqueline.salenson
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  • : lois et santé, fin de vie, mort: pour que les lois permettent enfin aux médecins de respecter les volontés des "patients" dont les demandes d'aide à mourir (euthanasie volontaire) dans certaines conditions, quand l'intéressé estime que sa vie n'est plus digne d'être vécue (agonie, lourd handicap lié ou non à une maladie, incurabilité et souffrances)
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