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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 11:20

 

janvier 2011

 

Comment je vois la mort et l'agonie (ou fin de vie) qui précède souvent?

 

Chaque jour environ 150 000 personnes meurent dans le monde, ce n'est peut-être rien face au nombre de naissances qui renouvellent la vie humaine sur la terre, mais chaque mort est un être humain en moins.

Quelles morts humaines sur la terre?

  • morts de faim, de froid, de soif...
  • morts de la guerre, de la torture...

  • morts de la haine de l'autre, du "différent", du plus faible: couleur de peau, homosexualité, ou autre sexualité "dérangeante", croyances, femme, enfant, handicapé, etc...

  • morts de l'indifférence à l'autre: SDF morts dans la rue, de froid, de faim, malades non soignés alors qu'ils pourraient l'être...

  • morts par accidents (travail, voiture, autres...)

  • suicides violents, à tout âge...

morts du manque d'accueil, d'attention, de générosité, d'amour... morts en souffrance...

Bien sûr la vieillesse, la maladie grave, la maladie chronique, la vie végétative ou la vie grabataire imposées par une certaine Science....qui veut ignorer la mort...mènent aussi vers une mort souvent lente et douloureuse.

Certains, religieux ou agnostiques, en Occident, osent nous dire que la vie est "sacrée"! ou est "au-dessus de tout" ce qui revient au même...(dixit M. Leonetti en conférence à l'hôpital de Montpellier!... Axel Kahn, Luc Ferry, le Pape, les évêques...).

Or c'est évidemment faux: toute vie n'est pas "sacrée" pour nos gouvernants, ni pour certaines personnes, il faut bien le reconnaitre... : on envoie des jeunes soldats aux fronts des guerres, vers une mort prématurée, on laisse SDF et immigrés mourir de faim et de froid... on laisse des prisonniers - souvent jeunes - s'entre-tuer ou se suicider vu l'état lamentable de nos prisons...

Certaines vies sont plus sacrées que d'autres!

Comme dans les anciens temps, il vaut mieux être occidental, riche et puissant... que d'un pays « en développement », pauvre et faible...

Comme le disait une femme médecin à Madagascar, après ses stages dans les hôpitaux parisiens, lorsqu'on lui demandait ce qu'elle en retenait:

« vous réanimez vos vieux et vous laissez mourir nos gosses! »

(livre de denis labayle, médecin: « pitié pour les hommes, ou le droit à l'euthanasie »)

 

La Déclaration des Droits de l'Homme défend le droit de chaque être humain à mener sa vie comme il l'entend, à user de son corps selon son choix, du moment qu'il ne porte pas tort aux autres. Elle demande la solidarité entre êtres humains. Elle n'est pas respectée par la loi française qui, pourtant, l'a initiée...

 

Je milite à l'admd, sûrement pas pour favoriser les suicides, au contraire: je milite contre la violence, je milite pour que les conditions de vie de nos citoyens et des humains en général soient meilleures,

que les malades soient soignés, guéris si possible,

que les souffrances, tant morales que physiques, soient soulagées du mieux possible,

tout en sachant que la mort n'épargne personne, qu'elle fait partie de la vie, qu'elle peut arriver à l'improviste et à tout âge, vite et bien, ou lentement, annoncée et accompagnée d'un cortège de souffrances morales et physiques.

Je milite pour que chacun respecte l'autre, et pour la solidarité.

Dans une France qui se dit encore dépositaire des valeurs de la République Laïque: liberté, égalité, fraternité,

JE VOUDRAIS QUE CHACUN COMPRENNE LA NÉCESSITÉ DE LAISSER CEUX DONT LA VIE SE TERMINE CHOISIR LEUR FIN DE VIE (fin de vie due à une maladie incurable, donnant des souffrances qu'on ne peut pas soulager - souffrances morales d'abord...- vieillesse pénible liée à des capacités gravement diminuées de la mobilité, du cerveau, à des multiples pathologies, vie prolongée par une Science toute puissante, technocrate, dans des conditions de survie qui peuvent être vécues comme de la torture: vie végétative ou de "lock-in syndrom", de trop lourd handicaps subis depuis trop longtemps...)

 

QUELS SONT LES CHOIX POSSIBLES?

(lieu de mort, accompagnement de vie, rites de fin de vie et de mort choisis par l'intéressé)

  1. prolongation de la vie, dans n'importe quelles conditions, à n'importe quel prix..., quelle que soit la qualité de cette vie, snas espoir d'amélioration raisonnable.

Respirer, surtout artificiellement, est-il suffisant pour définir la vie, sans aucune communication, sans mouvement possible? sans amélioration envisageable raisonnablement...

Doit-on servir de cobaye involontaire à la Science? Peut-on choisir de servir volontairement de cobaye?

La collectivité doit-elle tout payer?

  1. attente de la mort sans prolongation scientifique, avec les souffrances inhérentes à l'agonie.

  2. désir d'être aidé, accompagné pour que le passage obligé vers la mort se fasse sans souffrances:

a) attente de la mort, sans prolongation, mais sans souffrir si possible, aidé par des soins "palliatifs" de bonne qualité – attention à l'acharnement palliatif - qu'il faudrait accessibles à tous... , les médicaments donnés pour ne pas souffrir étant susceptibles d'abréger la vie.

En espérant que les douleurs physiques et les souffrances morales puissent être soulagées, ce qui n'est pas toujours possible: environ 10% des douleurs sont rebelles...quant aux souffrances morales, elles sont difficiles à cerner en dehors du dire de l'intéressé...

La sédation terminale est une mise en coma artificiel, pour ne pas souffrir, nous dit-on, mais … que ressent-on dans le coma? nul ne le sait....une longue agonie comateuse est-elle raisonnable? Axel Kahn parle de 48h maximum... mais la loi ne dit rien...et dans les faits, l'agonie peut durer jusqu'à 6 semaines...

b) mort choisie, aide par auto-délivrance lorsqu'elle est possible (simplement fournir le produit nécessaire et la personne agit seule) ou par euthanasie (mort douce aidée par un tiers) lorsque la personne ne peut plus agir seule et a besoin non seulement d'un produit létal mais d'un tiers pour lui administrer.

 

Les choix 2 et 3a sont possibles de par la loi; les choix 1 et 3b sont interdits par la loi, pourquoi?

 

Chacun peut et doit exprimer son choix par écrit, quel qu'il soit (autorisé actuellement ou pas), dès que possible (après 18 ans): les directives anticipées sont reconnues légalement depuis 2005, ainsi que la nomination d'une personne de confiance pour les soutenir si besoin.

 

La loi doit être modifiée pour respecter les volontés de chacun, sans jugement moral, dans l'esprit de solidarité, pour que les souffrances des agonies et des survies trop longtemps prolongées contre le gré des personnes (sans espoir de retour à une vie « normale » de communication) cessent...pour qu'une loi abusive de précautions cesse de pousser à des suicides violents...

 

Il s'agit seulement de respecter les volontés de chacun pour sa fin de vie, lorsqu'elle s'annonce:

La générosité, la compassion, doivent permettre une aide à mourir de la part des médecins (seuls détenteurs du pouvoir d'"ordonner" les médicaments nécessaires) selon les voeux de chacun, sans jugement sur ces voeux, sans interdit, selon un cadre défini par la loi, chaque cas étant étudié individuellement par l'équipe soignante, voire un autre médecin, seul l'intéressé étant finalement décideur de sa vie (encore capable de s'exprimer ou sinon selon l'expression de ses directives anticipées, soutenues par sa personne de confiance)

Droit de réserve: Un médecin qui refuserait de pratiquer une euthanasie, pour des raisons morales personnelles, ou religieuses, adresserait son malade à un collègue volontaire, comme pour les avortements.

 

Si la personne n'a pas donné ses directives anticipées et qu'elle ne peut plus s'exprimer, le médecin et son équipe ne fera pas de prolongation inutile, et fera le maximum pour soulager les souffrances de la fin de vie, au risque d'abrégerla vie, sans plus.

 

admd, 50 rue de Chabrol, 75010 Paris

0 148 000 416, http://admd.net/ et http://admdblog.fr/

 

 

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Published by jacqueline.salenson - dans euthanasie
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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:06

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parce que, épluchant la loi Leonetti, droits des malades et de la fin de vie, 2005, révisée en 2008, faisant suite aux lois Kouchner de 1999 et 2002, j'y ai lu tout le pouvoir médical (et pharmaceutique) dans notre pays, que je récuse:

 

si vous ne pouvez plus vous exprimer, alors, de par la loi, c'est le médecin qui décidera de votre sort: prolonger vie et agonie, arrêter la vie, mais le plus lentement possible, ou prendre les mesures nécessaires pour arrêter la vie rapidement: mesures que le médecin a le droit de prendre pour soulager nos souffrances (et pas seulement nos "douleurs", le mot souffrance inclut la souffrance morale, celle de se trouver indigne de soi-même, de ne pas vouloir continuer à survivre dans cet état de santé incurable et insupportable...)

je refuse que quiconque, médecin ou autre, décide de ma vie: c'est ma vie, mon corps, mon esprit, et j'en suis seul responsable.

 

pourtant, cette loi nous donne le droit d'écrire à tout moment de notre vie, nos "directives anticipées", de nommer une "personne de confiance" pour les soutenir si nous ne pouvons plus nous exprimer

pourquoi aucune diffusion de ce droit n'a été faite par les médecins? alors que ces directives + personne de confiance doivent figurer dans nos dossiers médicaux.

les directives anticipées contiennent vos volontés pour les traitements acceptés ou refusés, pour vos choix de fin de vie, ou en tout cas, ce dont vous ne voulez pas, à aucun prix.

votre personne de confiance doit s'engager à les faire respecter.

 

pourquoi certains médecins refusent-ils de mettre nos papiers dans notre dossier, en dépit de la loi?

il ne faut pas nous laisser manipuler.

 

indignez vous! agissez auprès de vos élus! ne votez pas pour ceux qui vous ôtent la liberté de votre vie!

 

pourquoi cette réticence à nous laisser décider de nos vies?

nos opposants disent que la vie est "sacrée" et que nous voulons tuer nos vieux, etc... bien sûr que NON!

Nous ne voulons "tuer" personne, au contraire, nous voulons que cessent les euthanasies clandestines, fréquentes, sans contrôle aucun, que diminuent les suicides violents, voire les meurtres très tristes (couple inséparable où l'un tue l'aurte avant de mourir,, enfant gravement handicapé tué par un parent...), auxquels nous poussent le refus d'écoute de nos souffrances, le refus d'aide à mourir lorque la situation devient intenable.

Oui, il faut d'abord aider à vivre, malades, handicapés, et la société ne les aide pas assez!

Mais il faut admettre que la mort est au bout de tous nos chemins, et qu'il faut l'accepter, voire aider à son passage dans certains cas, on parle parfois d'exception, mais le nombre de ces cas ( nous sommes 65 M de Français, cela ferait environ 10000 exceptions par an...) ne pourrait entrer dans une loi "d'exception", esprit par ailleurs contradictoire avec un système législatif cohérent.

Non, la vie n'est pas "sacrée", en tout cas, pas toutes les vies: pas celles des sdf, des immigrés clandestins, pas celles des malades en coma végétatif excédant 1 an, pas celles des soldats, jeunes hommes qu'on envoie se faire ture à la guerre, pas celles des pauvres des pays "en développement"...

remarque d'une jeune femme malgache, médecin, en stage dans nos hôpitaux parisiens:

"vous réanimez vos vieux, et vous laissez mourir nos gosses! "

(livre de denis labayle, médecin, "pitié pour les hommes")

 

pourquoi cette peur affichée que, si la loi permettait davantage d'aide en fin de vie, tous les vieux des EHPAD, tous les handicapés graves, etc... demanderaient à mourir?

peur, comme tous les peurs ou presque, sans objet...: la peur n'empêche pas le danger...mais faire peur aux autres permet de garder le pouvoir...

l'être humain tient profondément à la vie, c'est normal.

les pays qui ont permis l'aide à mourir (euthanasie, autodélivrance), n'ont pas plus de morts qu'avant la loi...

mais il n'y a plus (ou presque: les lois ne sont pas forcément très bien appliquées) d'euthanasies clandestines pratiquées pour raisons économiques ou familiales, contre la volonté de la personne, comme maintenant, en France, comme dans tous les pays qui interdisent l'aide à mourir, même réclamée, même alors que le "mourant" souffre le martyre!!!

il n'y a plus de refus systématique d'euthanasier celui qui le réclame à grands cris, de façon réitérée... alors que son état est incurable et le fait souffrir (moralement du moins), les euthanasies sont mieux ciblées: seulement pour ceux qui les réclament, sans aucun motif économique ou familial.

 

remarque:

ne croyez pas que dans les familles, il soit si facile de demander d'abréger la vie pour un héritage: sauf enfant unique, les héritages sont souvent réglés 10 ans plus tard... alors quelques mois de vie en plus ou moins ne changera rien...,

par contre on oublie de penser à tous ceux que la mort de l'autre (mari, compagnon, ...) laissera dans une misère financière, relative ou réelle, voire à la porte du logement occupé, au nom de l'autre, et qui réclame des prolongations de vie, même végétatives, par intérêt.

Chacun devrait penser à sa fin de vie, la préparer, pour lui et pour ses proches, tant moralement que financièrement, afin d'éviter de telles situations difficiles, mais pas rares.

 

pourquoi cette désinformation qui consiste à assimiler le droit à une aide à une euthanasie obligatoire?

 

non, ce n'est pas par humanité, même si ceux qui affirment ces calomnies le disent, c'est par intérêt financier:

notre gouvernement favorise les gros intérêts, ceux de l'industrie pharmaceutique, qui forme les médecins en foramtion continue, ceux de la nouvelle "industrie de la mort": maisons de retraite pour EHPAD, "alzeihmer" dont on affuble tous ceux qui ont des pertes de mémoire et de repères..., alors qu'on ne sait rien de cette maladie, ni la diagnostiquer, ni la soigner..., cliniques privées à but lucratif, médecins à dépassement d'honoraires, assurances privées pour dépendance qu'on veut bientôt nous OBLIGER à payer, même si nous savons que nous ne serons pas jamais dépendants totalement, parce que nous préfèrerons la mort à cette situation...

la religion est un biais facile pour couvrir des intérêts de pouvoir, et d'argent.

la société doit préférer la solidarité entre ses membres et les malades, les handicapés, doivent pouvoir être soignés par la solidarité: sécurité sociale et mutuelles, pas par des intérêts privés...

 

attention à l'amalgame fait par nos opposants: on reparle de l'euthanasie pratiquée par les nazis:

NON , les nazis n'ont pas pratiqué l'euthanasie (= bonne mort),  ils ont pratiqué l'extermination des juifs, des roms, des opposants au régime, c'était une tuerie, un génocide, pas des euthanasies!

mais l'amalgame est facile (Hitler avait commencé...), pour couvrir des intérêts financiers et de pouvoir évidents...

 

arrêtons de considérer la médecine comme un technique: à telle maladie, tel médicament!

la médecine doit être au service des citoyens, considérer chaque humain comme un tout, dans son environnement (ce que dit la "culture palliative"... enfin!), et non plus le morceler en organes, en maladies...

la médecine a pour but essentiel de soulager les souffrances, pas de guérir: cette surprenante idée (on ne peut pas toujours, même pas si souvent, guérir...) a donné aux médecins l'impression saugrenue que la mort était  leur échec!

non,la mort est naturelle, liée à la vie, tout simplement... elle n'est l'échec du médecin qu'en cas de faute professionnelle grave, rarissime...heureusement...

la médecine, même moderne, même avec ses techniques, reste un art, pas une science!

elle ne doit pas être au service de l'industrie pharmaceutique, de l'allopathie promue en France de façon irraisonnée...

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Published by jacqueline.salenson - dans euthanasie
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  • : lois et santé, fin de vie, mort: pour que les lois permettent enfin aux médecins de respecter les volontés des "patients" dont les demandes d'aide à mourir (euthanasie volontaire) dans certaines conditions, quand l'intéressé estime que sa vie n'est plus digne d'être vécue (agonie, lourd handicap lié ou non à une maladie, incurabilité et souffrances)
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