Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 10:49

http://www.purepeople.com/article/anne-bert-condamnee-a-mourir-hors-la-loi-son-combat-pour-l-euthanasie_a231034/1

extraits :

« Atteinte d'une maladie incurable, elle prévoit de se faire euthanasier en Belgique.

C'est la bouleversante histoire d'une femme qui se sait condamnée par la maladie et qui se battra jusqu'au bout pour tenter de se faire entendre… Fin 2015, les médecins lui avaient diagnostiqué la maladie de Charcot, une pathologie neurologique qui la prive progressivement de l'usage de ses muscles. "Aujourd'hui, ça évolue beaucoup trop vite, puisque je ne peux déjà plus me servir ni de mes mains, ni de mes bras. Je sais que je n'ai aucun espoir de vivre, je sais que je vais mourir"

"Je ne pense pas que souffrir apporte quelque chose. Ça ne fait pas grandir. (...)

Pourquoi y a-t-il des tracteurs aussi violents contre la légalisation de l'euthanasie ?

C'est dans la majorité des cas des questions religieuses. Il faut souffrir jusqu'au bout, comme si la souffrance allait pouvoir vous révéler quelque chose avant votre dernier souffle",

Du président sortant, pour lequel elle a voté, Anne Bert dit :

«Je lui en veux énormément. C’est de sa responsabilité si je suis dans cette situation de hors-la-loi.»

Qui seront les Badinter ou les Simone Veil de cette cause ?

 

Mes commentaires :

 

Merci à cette femme de soulever une fois de plus le problème de la mort volontaire assistée médicalement. Ce qu'est en réalité une « euthanasie », mot dévié de son sens couramment.

 

Parler de « hors la loi » est excessif :

 

Tout citoyen a le droit de se suicider, pas d'interdiction, mais l'action pratiquée seul/e peut s'avérer difficile voire impossible, selon l'état de santé atteint. Les moyens doux et sûrs sont difficiles à trouver. La liberté de les apprendre est entravée par la loi qui dénonce la provocation au suicide, loi dont nous – AAVIVRE … sa fin de vie - demandons la suppression pure et simple :

en effet comment peut-on pousser quelqu'un au suicide sans harcèlement ? Et il existe déjà des lois qui punissent tout harcèlement, inutile donc de les doubler.

De plus, quiconque l'assiste, en accompagnant ou en aidant, peut être mis en Justice pour

non assistance à personne en danger, loi qui ne distingue pas celui qui fuit devant un accident au lieu d'appeler les secours, de celui ou celle qui, ne jugeant pas, ne condamnant pas le suicide, va accompagner celui ou celle qui, au bout de longues souffrances incurables, demande la mort, pour qui la mort n'est pas un « danger » mais « la délivrance » de ces souffrances.

Nous – AAVIVRE … sa fin de vie - demandons depuis longtemps la révision de cette loi !!!, seule association qui met l'accent sur cette loi à modifier.

 

Aucune raison d'en vouloir au président sortant, qui a fait de son mieux pour faire réfléchir les parlementaires et les médecins sur le sujet, même s'il n'a réussi qu'à faire sortir un texte guère différent du précédent, ne permettant toujours pas l'aide donnée à celui ou celle qui veut mourir pour cause de souffrances incurables et devenues intolérables, souffrances physiques et /ou morales.

Malheureusement en France, ce sont des médecins et ceux qui dirigent notre système de santé qui sont le plus souvent opposés à respecter les demandes et l'éthique de leurs patients.

Reste de médecine patriarcale et autoritaire qui veut imposer aux autres leurs idées et leurs soins, même s'ils n'en veulent pas !

Pour raison religieuse, parfois, mais surtout, on n'aime pas le dire, pour raisons financières :

un patient à moitié mort rapporte beaucoup d'argent, à nombre de médecins privés, à la pharmacie, il fait travailler des soignants et rapporte à l'hôpital, et s'il est en trop mauvais état, il ne peut pas se plaindre !

(voir le livre :

« Juteuses carcasses, les vieux, combien çà coûte, et combien çà rapporte ! »

De Rosemonde Pujol. )

Bien sûr, ce sont tous les français qui payent des soins qu'on sait inutiles, déraisonnables, qui font souffrir encore plus, mais que les médecins donnent quand même, en promettant des miracles et en mentant sur la mort proche, via nos cotisations de sécurité sociale et de mutuelles à but non lucratif (les autres sont des assurances privées, auxquelles on devrait interdire le nom de « mutuelle »...)

A leur décharge, les médecins n'ont reçu aucune formation sur la mort et la fin de la vie, peu sur le soulagement des souffrances. Ils ont le plus souvent peur de la mort, comme si elle n'était pas naturelle. Ils ont encore la fausse impression que la mort est leur échec.

Il faut absolument que la formation de nos futurs médecins devienne plus humaine et moins technique, qu'elle redevienne globale et pas morcelée, qu'elle inclut la mort comme un phénomène naturel qu'on doit laisser faire dès qu'il devient impossible de continuer à vivre de façon humaine (bouger, communiquer, même avec de l'aide).

Les médecins devraient avoir une formation à l'empathie, à la psychologie, pour être compétent pour annoncer au patient qu'ils n'ont pas les moyens de l'empêcher de mourir, sauf à le laisser grabataire, comateux ou souffrant, sans pouvoir rien faire.

 

Mais cela évolue lentement :

il faut que LES FRANÇAIS S'EMPARENT DES DROITS DONNÉS dans le système de santé prennent la peine d'écrire ce qu'est leur pensée par rapport à la médecine, la vie, la mort,

dans LEURS DIRECTIVES ANTICIPÉES :

  • Préfèrent-ils souffrir que mourir, mais jusqu'à quel point ?

  • Et préfèrent-ils mourir que souffrir ? Ils en ont le droit.

  • Préfèrent-ils subir une énormité de traitements qui parfois augmentent leurs souffrances que d'accepter leur mort ? Veulent-ils être cobayes de la Science ? (la médecine n'est pas une science exacte, c'est une science humaine qui fait des essais parfois réussis, parfois non, elle ne fait pas de miracles) Veulent-ils continuer à survivre d'une vie sans communication ni mouvement ? Indéfiniment ?

A eux de dire leur philosophie de vie, de dire jusqu'où la vie vaut la peine d'être vécue pour eux mêmes, et de l'écrire pour mettre cet écrit dans leur dossier médical, disponible pour tout médecin s'il leur arrivait de ne plus pouvoir s'exprimer avant la mort.

Lorsqu'une majorité de citoyens auront donné leur directives à leurs médecins, ceux-ci finiront bien par les écouter et modifieront leur point de vue.

 

A NOUS DE PRENDRE NOTRE LIBERTÉ ET NOS DROITS !

 

 

 

 

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 08:34

LE PRÉTENDU SONDAGE BIAISÉ DE L'ADMD !

Monsieur Alain Garrigou est agrégé d'histoire et de sciences politiques. Il est professeur à Sciences Politiques et Directeur de l'observatoire des sondages. Cet éminent intellectuel a fait de la dénonciation de l'opacité et de la malhonnêteté des instituts de sondage, son cheval de bataille.

Le 14 avril 2017, dans le cadre de l'émission "Envoyé Spécial" sur FR2, il dénonce une méthodologie peu rigoureuse, une sorte de fabrication de l'opinion dans la formulation du sondage sur l'euthanasie de l'IFOP (commandé par l'ADMD, Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité).

- La formulation de l'IFOP est la suivante :

"Certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c'est à dire qu'on mette fin à leur vie sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables, si elles le demandent".

Ce sondage a recueilli 96% d'avis favorables.

- Monsieur Garrigou propose une formulation plus neutre et honnête, à son avis :

"D'après vous, faut-il voter une loi visant à autoriser l'euthanasie". Ce sondage a recueilli 34% d'adhésions.

Cette question, sans autres précisions, est :

- Soit dénuée de sens car l'euthanasie existe déjà, celle des animaux.

- Soit volontairement réductrice et biaisée. En effet, ce terme d'euthanasie, lâché sans nuances, pour qui ? pour quoi ?, nous ramène aux temps obscurs de l'eugénisme et des assassinats perpétrés par le troisième Reich !

Monsieur Garrigou incarne ainsi l'art de faire sienne la manipulation qu'il dénonce chez les autres !

Ce conditionnement mental révèle une posture oscillant entre paranoïa et dysfonctionnement de sa relation aux autres.

mon commentaire:

le mot "euthanasie" doit être exclu du vocabulaire autre que vétérinaire.

Car le sens du mot n'est pas défini en France de façon unanime, et n'existe pas dans nos lois humaines:

  • pour les soins palliatifs français, il s'agirait d'une décision médicale SANS DEMANDE du patient, alors il s'agirait bien d'un meurtre! évidemment interdit, dont personne ne veut.

  • pour les associations qui défendent le respect des volontés du patient dans le système médical, comme AAVIVRE ... sa fin de vie, et leurs sympathisants, il s'agit de RESPECTER LA VOLONTE de celui ou celle qui, atteint de façon incurable par des souffrances qu'il ne supporte plus,  demande de l'aide pour un suicide qu'il ne peut pas accomplir lui même: la volonté de mourir est celle du malade ou mourant, en aucun cas celle du médecin qui ne fait que: accompagner le malade, lui apporter le médicament requis qu'il prendra seul s'il le peut (comme cela se fait en Suisse) , voire l'injecter, à la demande expresse et réitérée du patient, comme cela se pratique au Benelux.

Alors oui, la formulation de l'IFOP était on ne peut plus claire, quand la formule succincte de M Garrigou est incompréhensible par essence.

Les termes "souffrances", "incurables" et "insupportables", sont des mots clés.

La loi Léonetti-Claeys ne permet qu'une sédation profonde et continue jusqu'au décès.

Qui connaît la date d'échéance naturelle ? Que faire pour les patients en détresse respiratoire, atteints de la "maladie de Charcot", emmurés vivants ? Quelles réponses apporter aux malades qui n'en peuvent plus des souffrances infligées par un cancer, en phase terminale ? Les patients victimes des progrès de la réanimation comme mon enfant, plongé dans un coma cauchemardesque pendant plus de huit ans, seront légion. Le sort des grands prématurés qui ne peuvent pas vivre et qu'on laisse mourir déshydratés et dénutris, pendant dix à vingt jours, est intolérable.

REMARQUE personnelle:

Lorsque l'arrêt des soins autres que la sédation est fait correctement, sans hydratation ni alimentation artificielles, la durée de survie est courte, quelques jours seulement, et si la sédation est profonde, on peut penser que la personne ne souffre ni de la soif ni de la faim:

on a rarement faim lorsqu'on est malade, et on peut vivre plusieurs mois sans manger, par contre la soif peut déranger l'organisme mais on ne survit que quelques jours sans boire ni être hydraté, et la sédation profonde fait que la personne ne souffre pas.

Malgré la dénonciation de cette horreur par le comité d'éthique de "Cochin", rien n'a bougé.

Alors oui, Monsieur Garrigou, les termes choisis dans la formulation de l'IFOP, sont en adéquation avec notre perception du problème sur le terrain.

Monsieur le directeur de l'observatoire des sondages convoque ici tous les ressorts du sensationnalisme manipulatoire. Ceci m'incite à penser qu'il est en mal de cette reconnaissance médiatique qu'il jalouse par ailleurs chez ses confrères. Ainsi, dans ses propos glanés sur le net, il met à l'index : "une classe bavarde ou se retrouvent les mêmes experts et éditorialistes les plus en vue. Ils parlent le peuple, ou plutôt une idée du peuple, faite de bon sens élémentaire, d'affirmation de soi, de langage vulgaire. Il est significatif qu'on trouve ce style commun aux éditorialistes les plus en vue, parmi d'autres, Yves Calvi, Jean-Michel Aphatie, Jean-Jacques Bourdin etc..."

Je m'interroge : pourrions nous être, par hasard, les victimes collatérales d'un règlement de compte entre Monsieur Garrigou et le directeur d'études politiques de l'IFOP qui n'est autre que Damien Philippot, frère de Florient Philippot du Front National ? Je parviens difficilement, néanmoins, à cerner réellement les motivations d'une telle mauvaise foi. Celle-ci a les contours d'une perversion narcissique qui se valorise en même temps qu'elle nous rabaisse par le dénigrement, l'humiliation et l'insulte.insulte.

Repost 0
Published by jacqueline.salenson - dans euthanasie
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 10:56

QUE DIRE À UN MALADE, même au plus mal?

et À SES PROCHES qui s'inquiètent... de sa mort prochaine, de ses souffrances ?

 

D'abord accepter la vérité : oui, nous sommes tous mortels.

La science médicale ne sait pas grand chose... malgré ses dires, grands progrès de la chirurgie et des anesthésies, mais peu de progrès de la médecine et de la pharmacie depuis un siècle ... malgré des machines performantes et très chères...

Notre société revient lentement sur les médecins traditionnelles avec les herbes, les huiles essentielles, les magnétiseurs, l'hypnose et les médecines indiennes ou chinoises... Elle commence à considérer l'homéopathie, l'acupuncture, l'ostéopathie... qui soignent avec peu ou pas de médicaments un certain nombre d'affections. Il est vrai que cela ne réjouit pas l'industrie pharmaceutique...

Ces médecines considèrent d'abord l'être humain comme un tout, et ceux qui les pratiquent sont à l'écoute de celui ou celle qui fait appel à elles.

 

Le gros reproche récurrent fait aux médecins actuellement est : ils ne nous écoutent pas !

 

La médecine fait ce qu’elle peut, mais malheureusement trop souvent dans un esprit d’acharnement à faire vivre à tout prix, dans le sens d'une vie corporelle artificielle : le cœur qui bat, des poumons qui respirent, pas forcément au sens où on entend la vie humaine, tant psychique que physique: pouvoir communiquer avec les autres humains, bouger... , se déplacer...

Elle est devenue trop technicienne, soumise à l'Industrie capitaliste (pharmacie et machines) , et trop souvent inhumaine.

Elle espère ou fait semblant d'espérer toujours le miracle, sinon de Dieu, du moins d’une Science déifiée... Mais les miracles n'existent pas.

Il arrive que des personnes guérissent sans que notre science n'y comprenne rien, ce n'est pas pour autant un « miracle », juste la preuve que la médecine n'est pas une science exacte.

 

L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE N'EST PAS UN SERVICE PUBLIC MAIS UNE INDUSTRIE CAPITALISTE... et c'est elle qui forme majoritairement nos médecins, malheureusement !

 

LA MÉDECINE RESTE UN ART, certes soutenu par des techniques nouvelles, mais pas une science exacte... Beaucoup d'empirisme... de travail relationnel avec le malade... L'environnement du malade est essentiel... social et familial. On dit « l'espoir fait vivre », oui, mais... il est des cas désespérés et le mourant le sait au profond de sa chair, même s'il ne le dit pas, ce qui fait souffrir tout le monde : pas de dialogue !

 

LA QUESTION DE LA MORT, LA NÔTRE ET CELLE DE NOS PROCHES, N'EST PAS À ÉVITER, nous sommes tous mortels, à tout âge, à tout moment..., c'est la réalité. En parler ne fait pas mourir.

 

Dans notre société de consommation et de jeunisme, tout est fait pour nier la mort, la mettre à l’écart de la vie... comme les maladies graves... ou handicaps graves... et même la vieillesse parfois « indigne »... Une large majorité de personnes préfère ne pas les voir...

 

La mort est mise à l'écart à l'hôpital, extériorisée de l'environnement familial et social... alors que la plupart des gens voudraient mourir chez eux... et que l'hôpital est fait pour guérir, pas pour mourir.

Les médecins ont un devoir de vérité (médicale) envers leur malade... qu'ils respectent rarement :

pas formés pour çà, manque d'écoute, manque d'empathie... trop de technicités.

Certes, ils ne savent pas tout mais ils savent quand leurs compétences deviennent impuissantes ...à « sauver » la vie, pour une vie gardant une certaine qualité nécessaire au bien-être du malade.

La vie bascule en une seconde, avec la maladie, l'accident et la mort... oui, mais...

Si on n'a jamais pensé auparavant qu’on était mortel, comme tout le monde... et soumis peut-être à certaines maladies, comme tout le monde... , que la mort touche à tout âge, on tombe de haut... mais est-ce bien raisonnable ?

 

La mort : on devrait s'y attendre, à tout moment... c'est la vie ! Nous sommes tous des mourants en puissance. Préparer sa mort est indispensable pour soi, pour nos médecins, pour nos proches.

 

L'institutionnalisation des soins palliatifs, qui ne sont que la base même de toute médecine (accompagner, soulager les souffrances) en médecine spécialiste, en hôpital... est une erreur grave...

 

La mort ne doit pas être une spécialité médicale... la mort, c'est la vie même ! Tous les médecins devraient être capables de l'accompagner, à domicile. Elle est plus souvent liée à une multitude de facteurs qu'à un seul.

 

Seules façons actuelles actuelle d'aborder la mort : LA PUBLICITÉ

qui nous somme de payer des ASSURANCES (privées en général) pour dépendance aggravée (pour qu'on nous maintienne en vie à l'état de « légume », dans des EHPAD privés, à prix d'or?), des assurances pour payer des frais d'obsèques, souvent exorbitants, pour faire des pré-diagnostics de toutes les maladies, comme si tous étaient susceptibles de les déclarer toutes... pour se faire vacciner, même si certains vaccins sont inutiles pour toute la population, voire dangereux...

Ne pas oublier que la crédulité rapporte beaucoup d'argent aux entreprises qui en vivent, que « L'OR GRIS » est devenu une richesse nationale...

 

LIBÉRER LA PAROLE SUR LA MORT, de ses conséquences possibles ou probables, de ce qui la précède souvent: maladies ou accident, agonies, ... C'EST REGARDER LA MORT EN FACE, DONC LA PRÉVOIR DU MIEUX POSSIBLE, pour soi et pour ses proches, faciliter les deuils...

 

La majorité de la population ignore ses droits dans le système de santé et ne les utilise pas... Nul n'apprend à l'école les droits et devoirs du citoyen: droits pour l'adulte responsable, la vie « ordinaire », le couple, les enfants, les biens, la santé, la mort... dommage...

 

Trop de gens ne savent pas ce qu'ils veulent pour leur fin de vie car ils préfèrent ne pas y penser... et les médecins ne les y aident pas, pas formés à penser la mort comme un événement naturel de la vie.

 

NOTRE RÔLE PREMIER EST D’ÉDUQUER les français (médecins d'abord, soignants et particuliers usagers du système de santé un jour ou l'autre... ) par rapport à leur réflexion sur la mort et les fins de vie en général, mais surtout sur leur mort et celle de leurs proches (qu'ils se doivent humainement de respecter), sur leurs droits et non-droits dans le système de santé actuel (modifiable).

 

Ensuite, ils pourront ÉCRIRE LEURS DIRECTIVES ANTICIPÉES, NOMMER LEUR PERSONNE DE CONFIANCE, en toute liberté et en toute conscience, selon leur philosophie de vie.

Demander le respect de volontés qui ne sont pas réellement réfléchies avant d'être exprimées n’a guère de sens...

 

IL FAUT QUE LA LOI CHANGE et demande à la MÉDECINE PUBLIQUE: LE RESPECT ABSOLU DES DIRECTIVES DU « MOURANT », directes ou anticipées, dès lors que le mauvais état de santé (et pas des « maladies » au sens médical du terme) irréversible et incurable provoquent des souffrances que seule la mort peut soulager. DONC y compris toute demande de mort volontaire assistée, directe ou écrite préalablement dans les directives les plus récentes, très rare.

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 16:32

DIRECTIVES ANTICIPÉES : CEUX QUI LES ÉCRIVENT ET CEUX QUI LES LIRONT.

Il faut :

  • former tous les citoyens majeurs à la réflexion sur la vie / la mort incontournable, le « mourir », pour pouvoir exprimer clairement leurs directives anticipées et trouver leur personne de confiance

  • former les médecins (et les soignants) à la lecture de directives personnelles liées d'abord à l'histoire de notre vie, à notre propre éthique, à nos relations avec le système de santé, et à accepter la mort et respecter les idées de leurs patients/clients, qui peuvent être très différentes des leurs.

Il faut accepter notre non-éternité et celle des autres, pour appréhender le mieux possible notre départ quand la Vie (sur terre en tous cas) nous séparera les uns des autres.

 

RESPECTER LES VOLONTÉS DE CHACUN SUR SA VIE, JUSQU'AU BOUT.

La volonté d’un mort se respecte. Alors pourquoi ne pas respecter celle d'un mourant ?

JE VEUX MOURIR VIVANTE !

Je veux une loi de santé digne de la démocratie et de la République pour tous les VIVANTS de notre pays.

QU'EST-CE QUE VIVRE ? Pour les humains, c'est pouvoir communiquer, bouger, se déplacer, sentir (les 5 ou 6 sens ou partie), même si de l'aide est parfois requise.

Certains s'adaptent aux handicaps, mais pas tous, et cela dépend de la gravité, de la souffrance, de l'environnement, de l'âge. Chacun a ses limites dans l'adaptabilité.

Certains acceptent de vivre avec des machines en permanence, d'autres non.

Certains acceptent une certaine dose de souffrances, d'autres non.

Et lorsque la mort se présente, avec des états de santé qui peuvent nous empêcher de nous exprimer, alors qu'une certaine médecine peut garder indéfiniment ou presque des corps incurables, sans retour possible de la communication, ni du mouvement, il est important de l'avoir prévu, pour nous, nos médecins et nos proches.

 

CHACUN DOIT POUVOIR DÉCIDER LIBREMENT POUR LUI-MÊME DE CE QUI EST BON POUR LUI LORSQUE SA MORT APPROCHE. LES LOIS DOIVENT LE PERMETTRE.

 

 

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 18:59

http://www.jacquelinesalenson.com/2017/03/compte-rendu-du-debat-de-poitiers-sur-les-directivea-anticipees-avec-le-cnspfv.html


J'avais compris que :

« les directives libres, si elles doivent être respectées par les médecins, ne sont pas opposables en Justice, contrairement aux directives pré-établies par le CNSPSV en cochant les traitements listés refusés ou demandés »,

 

correction :

 

« les indications médicales ne sont pas opposables de la part des médecins,

les questions relatives aux valeurs ne sont pas concernées par le caractère non opposable. »

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 08:14

Confiance aveugle dans un système de santé contesté et contestable au su de tous les scandales et erreurs qui se succèdent ? NON

 

LE SIMPLE LIBELLÉ DE LA LOI ACTUELLE NOUS INDUIT EN ERREUR :

Pourquoi parler des droits des « malades » et de « la fin de vie », comme si les autres usagers du système de santé n'avaient pas droit au respect des professionnels ?

Cette loi devrait être une loi qui régit les relations entre usagers et professionnels du système de santé, car on peut être en mauvaise santé sans maladie au sens médical du terme, et la fin de vie n'a pas de définition.

 

commence la fin de la vie? en général en dehors d'une agonie entamée, on ne le sait qu'après la mort.

 

Toute notre vie peut-être considérée comme fin de vie, puisque nul ne sait si dans 1h, 1 jour, 1 an.... il sera encore en vie.

Toute vie se termine par la mort, quelle mort? quand? nul ne le sait.

 

Et si nous nous préparions à la mort, si nous en parlions, tout simplement parce qu'elle est prévisible à tout moment, et qu'elle peut avoir des conséquences graves pour nous mêmes (dégradations, souffrances préalables) et pour nos proches, pour nos médecins ...

  • Puisque le plus souvent on meurt à l'hôpital, qui n'est pas fait pour çà.

  • Puisqu'on demande à nos médecins le plus souvent de retarder notre mort?

Ce qu'ils peuvent trop bien faire, puisqu'ils peuvent nous assurer une vie artificielle de grabataire sans pouvoir de communication pendant des années, mais est-ce de cette vie là que nous voulons ?

Quelle qualité de vie voulons-nous garder ? Où s'arrête pour nous même la vie acceptable ?

 

La plupart des citoyens n'ont jamais vu un mort, habillé un mort, ce qui était la règle il y a seulement 50 ans !

On a mis – depuis peu- la mort à l'écart de la vie, chose aberrante, la mort, c'est elle qui permet que la Vie continue.

Très peu de gens ont assisté une personne jour et nuit, avant sa mort. C'est interdit à l'hôpital… raison d'hygiène, de commodité, on demande aux visiteurs de sortir pendant les soins et les toilettes, les heures de visite sont réglementées…

Tout vivant est soumis à la loi de la nature : naître, croître, procréer (pour certains d'entre eux), aider ses petits à devenir adultes, puis décroître et mourir, laissant la place aux jeunes, qui continueront le cycle.

 

La vie, c'est bouger, communiquer avant toute chose.

 

Lorsque cela n'existe plus, que cela ne reviendra jamais (les miracles sont une illusion), pourquoi continuer une vie artificielle avec des machines sophistiquées qui coûtent très cher à tout le monde puisque actuellement, c'est la sécurité sociale et les mutuelles (nous tous) qui payons des sommes astronomiques pour des vies de « cadavres même pas ambulants » selon les termes de M Caillavet.

Vies artificielles qui font souffrir sinon l'intéressé dont on ignore ce qu'il ressent mais ses proches car regarder mourir quelqu'un, regarder un corps sans autre vie que la respiration ou le coeur qui bat, n'est pas facile.

 

Alors ?

Dans notre système de santé où les médecins sont devenus des techniciens de la vie, sachant manipuler des machines sophistiquées et des médicaments dits »de pointe » (c'est l'enseignement qu'ils reçoivent, où l'industrie pharmaceutique est très prégnante) où trop d'entre eux ont oubliés qu'il s'agissait d'humains et pas de voitures (ils ne sont pas mécaniciens), où ils ont oublié que la parole, l'échange était le premier médicament connu depuis toujours, où ils ont voulu oublier que la mort est inévitable, ...

 

IL EST TEMPS QUE LES CITOYENS AGISSENT POUR ÊTRE LES ACTEURS de leur santé, de leur vie, de leur mort, sujet à ne pas évacuer, nous y allons tous.

 

QUELS MOYENS AVONS-NOUS POUR NOUS DÉFENDRE D'UN SYSTÈME DE SANTÉ MÉCANIQUE ?

 

Il y en a

puisque les lois veulent aussi rendre les citoyens non plus enfants obéissants à la Science Médecine (plus ou moins magique) mais adultes responsables d'eux mêmes, de leurs choix de vie, de leurs choix quant à leur santé et aux soins qu'ils souhaitent ou non recevoir.

 

Il y en a

car la Médecine elle-même commence à modifier son enseignement, à revenir vers l'Humain, qu'elle met la mort au programme de 1ère année (1 semaine d'étude avec les directives anticipées à écrire), qu'elle s'occupe désormais plus ou moins de soulager les souffrances (soins palliatifs qui ne devraient pas être séparés des autres soins) en cours et en fin de vie.

 

ACTUELLEMENT :

 

TOUT CITOYEN USAGER DU SYSTÈME DE SANTÉ PEUT :

  • décider des soins, traitements, investigations, opérations qu(il accepte ou refuse de la part des médecins (qui lui doivent des explications claires)

  • décider de demander une sédation continue dès lors qu'il se sait en « fin de vie », et qu'il souffre moralement ou physiquement

 

IL PEUT PAR ANTICIPATION (par avance) ÉCRIRE SES VOLONTÉS quant à ce qu'il acceptera ou non du système de santé, des soins possibles, de ce qu'il veut pour ses derniers moments : le lieu de sa fin de vie, l'entourage qu'il souhaite ou refuse, etc...

 

cela s 'appelle DIRECTIVES ANTICIPEES et C'EST INDISPENSABLE pour qu'un médecin en général inconnu prenne connaissance de votre éthique ou philosophie de vie, de votre façon de vivre préalable, de vos volontés, pour qu'il puisse, comme la loi l'y oblige (ou presque… car malheureusement il y a encore un « sauf » décision du médecin… ) vous écouter et vous suivre.

 

On espère que la loi sera améliorée vers le respect total du citoyen, quelles que soient ses idées de vie et de mort. Car il n'y a pas de dignité humaine sans respect de l'Autre.

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 07:48

http://nantes.cef.fr/rubriques/actualite-des-services/pastorale-de-la-sante/retours-sur-les-soirees-debat-fin-de-vie-vous-avez-dit-fin-de-vie-parlons-en

Heureuse de constater que certains catholiques agissent pour parler de la nouvelle loi sur la fin de la vie (dans le système de santé) et ne sont pas si éloignés que çà de nos associations pour la liberté de choisir sa vie/sa mort.

Heureuse de constater que certains catholiques soutiennent les initiatives du CNSPFV (centre national soins palliatifs et fin de vie) pour faire connaître la loi actuelle et le dispositif « directives anticipées/personne de confiance » au public et aux soignants.

Nous (association AAVIVRE … sa fin de vie) pensons différemment sur quelques points :

 

  • Pour nous, LA DIGNITÉ est relative et non pas absolue : on est digne DE quelqu'un ou de quelque chose. On peut dire que chaque être humain est digne de vivre selon son choix.
  • LA LIBERTÉ est un fondement de notre République :

Nous devons être seuls maîtres des choix par rapport à notre corps (dont notre tête ou cerveau) (rien de « sacré » pour les athées ou agnostiques)

  • « BANALISER le suicide » : des mots qui me choquent !

Un suicide n'est jamais banal, même s'il peut être une décision réfléchie et s'il est un droit de tout être humain.

Ce n'est pas parce que la philosophie stoïcienne -qui me convient personnellement - dit la mort brutale idéale, y compris la mort volontaire choisie, que je n'aime pas appeler « suicide » (mot lié dans l'imaginaire actuel à une certaine folie ou dépression, mot plus politiquement correct, considérée comme curable) que la décision de cesser de vivre est « banale » !!!

Non, permettre l'aide médicalisée à celui qui, en fin de vie, veut accélérer les choses et mourir plus vite, n'est pas « banaliser » la mort choisie.

Tous les pays qui le pratiquent y mettent au préalable une écoute longue et bienveillante, une étude de dossier fouillée – compter 6 mois minimum- avant de permettre cette aide médicalisée.

 

J'aime que ce groupe de catholiques disent que l’Église n'interdit plus le suicide et ne le désapprouve plus systématiquement.

 

Quelques extraits :

Diocèse de Nantes

Parler d’un sujet comme la fin de vie, de la mort, reste tabou dans notre société, un pari transformé par le service diocésain de la pastorale de la santé, qui demeure très humble : il reste tant à faire pour sensibiliser chaque personne, notamment les chrétiens sur ce sujet qui nous concerne tous. Fin 2015, une petite équipe s’est constituée autour du Dr Denis Lahalle, qui à la demande de notre évêque, porte ce questionnement de l’accompagnement de fin de vie sur notre diocèse.

en février et mars 2017 les soirées/ débats « VOUS AVEZ DIT FIN DE VIE. PARLONS-EN ! » étaient lancées :

Saint-Jean-d’Erdre-et-Gesvres, à la Chapelle-sur-Erdre

Saint-Gabriel-sur-Maine, à Montbert,

Saint-Jean-Paul-II, à Notre-Dame-de-Toutes-Ioies »

Lors de ces trois soirées, plus de 150 personnes sont venues écouter et dialoguer avec les médecins, infirmières, et Mr Jacques Ricot, professeur de bioéthique et philosophe nantais, auditionné par le Parlement lors de l’élaboration de la loi Leonetti, qui a exposé les principes de l’Eglise sur « la fin de vie dans la dignité » :

 

La dignité comme qualité inhérente à l’être humain, absolue et inconditionnelle,

La liberté de chacun comme absolue : notre corps est sacré, nul ne peut s’en « saisir » sans notre consentement…

Pour chacun de nous , accepter de consentir à la mort qui vient, en renonçant à l’acharnement thérapeutique, ou « obstination déraisonnable »,

Considérer que la souffrance n’est pas une nécessité, mais que la soulager est un impératif

Quant à banaliser le suicide – même s’il n’est plus désapprouvé – ou l’euthanasie reviendrait à conforter la personne dans la dépréciation de sa vie.

Le Dr Lahalle a rappelé les grands aspects de la loi Leonetti Claeys de 2016 :

  • droit absolu de toute personne aux soins palliatifs,
  • possibilité de rédiger des directives anticipées et de désigner une personne de confiance pour indiquer aux médecins, le moment venu et dans l’incapacité de donner son avis, ses souhaits en matière de fin de vie, par exemple la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Cette mise au point permettait de rendre accessible les effets de cette loi, sachant que selon un sondage IFOP récent, la majorité des Français a un très faible niveau de connaissance de la nouvelle loi Claeys/Leonetti de février 2016 : sur la fin de vie, 62 % n’en ont pas entendu parler et 26 %, juste un peu. Ce sondage corroborait les résultats de l’enquête faite auprès des paroissiens.

Enfin lors de la 3e rencontre le Dr Piloquet, gériatre et spécialiste de soins palliatifs au centre R. Gauducheau, a donné son témoignage:

« les soins palliatifs bien pratiqués (« ce qui reste à faire quand il n’y a plus rien à faire ») permettent réellement une fin de vie apaisée pour les patients et leur entourage.

Mais la formation et l’accès aux soins palliatifs restent très insuffisants, notamment dans notre département

20% seulement des personnes peuvent prétendre à l’accès aux SP.

Précédemment le Dr Mignot ou Mme Guéguen nous avaient fait profiter de leurs compétences concernant la culture palliative.

Pour nombre de participants, des soirées comme celles-là seraient à reproduire, dans tout le diocèse.

L’appel est entendu, il nous reste à voir comment le ressaisir.

Mais déjà à chacun, comme citoyen de s’informer* pour prendre ses responsabilités dans la société civile ,mais aussi comme frère en Christ dans sa communauté pour déployer les valeurs chrétiennes qui ne demandent qu’à s’exprimer dans ce débat qui est loin d’être clos autour de la fin de vie.

Merci aux 5 intervenants qui ont consacré 3 soirées pour enrichir notre réflexion.

 

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 07:44

http://www.lavie.fr/bien-etre/question-de-vie/mon-suicide-est-programme-et-nul-n-y-peut-rien-29-03-2017-80956_547.php

Drôle de façon de s'exprimer , lettre adressée à un psychothérapeute, pourquoi ?

Pour rechercher de l'aide pour y renoncer ? Pourquoi pas ?

Ou par bravade ? Pour affirmer ma volonté à un tiers… inutile à mon sens.

 

Si je programme mon suicide, inutile de prévenir qui que ce soit qui pourrait m'en empêcher !!! Je le fais comme je le veux, c'est tout. Et je ne préviens personne.

 

Si je vais en Suisse pour cela, que j'ai fait mon dossier et pris le rendez vous (comptez minimum 6 mois de démarches et des frais importants), je ne préviens que ceux de mes proches qui ne s'opposeraient pas à ma décision, j'ai seulement besoin de ma personne de confiance qui va m'accompagner.

 

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 07:21
Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 11:18

POITIERS : LES CITOYENS ONT LA PAROLE

LA FIN DE VIE, si on en parlait ?

Dispositif légal des directives anticipées, personne de confiance.

 

Débat animé par Eric Favereau, journaliste, avec Véronique Fournier présidente du CNSPFV.

Intervenants : M Clayes est absent.

René Robert, médecin réanimateur et vice président du CNSPFV.

Camille Desforges, jeune médecin hospitalier, soins palliatifs.

Dolorès Albarancin, psychologue, soins palliatifs.

 

La présentation est faite par Véronique Fournier, présentation de la loi qui permet à chaque citoyen d'écrire des directives pour sa fin de vie depuis 2005, loi renforcée en 2016, et très peu utilisée : on constate qu'un très faible nombre de citoyens les ont écrites, faute d'informations, par peur de la mort ? faute d'explications ?

Comment et pourquoi les citoyens devraient s'emparer de ces droits donnés dans le système médical ?

 

Mon compte rendu de la soirée :

Premières interventions :

Oui, René Robert a écrit ses directives, proche de la mort avec son travail de réanimateur :

  • Il trouve ce dispositif essentiel, sans doute plus pour exprimer ses idées sur la vie/la mort, sa propre éthique, que pour cocher des cases sur une liste de soins possibles à un moment qu'il est difficile de prévoir.

  • La connaissance du patient et de ses idées va aider le médecin à prendre les bonnes décisions.

Il regrette que la médecine soit encore trop souvent patriarcale, malgré la loi qui voudrait établir un meilleur dialogue avec le « patient », et même lui laisser la décision sur sa vie, le médecin n'étant que conseiller. Il reconnaît que peu de médecins sont à l'écoute de leurs patients.

Et la loi permet encore au médecin de décider de nos vies (malgré les directives écrites, le médecin peut parfois passer outre, moins facilement qu'auparavant, car il doit le justifier, mais...)

 

Non, la jeune psychologue ne les a pas écrites, et pour le moment elle n'en voit pas la nécessité.

  • Elle n'aime pas penser qu'elle va mourir, comme tout le monde, demain ou dans longtemps, elle pense « dans longtemps », donc elle a le temps.

    D'autre part elle dit faire confiance absolue dans la Médecine (et ses médecins) et dans les progrès de la science médicale. Elle espère des miracles de la Médecine.

  • Elle pense qu'écrire ses directives serait remettre en question la confiance absolue qu'elle donne à la Médecine et à ses soignants, et à ses proches.

Oui, le jeune médecin Camille Desproges a écrit ses directives :

lui aussi pense plus important d'expliquer son point de vue sur sa vie, sa façon de vivre, ses exigences pour la qualité de sa vie (il en a écrit 3 pages) que de pointer des appareillages et traitements possibles pour les refuser ou les accepter.

 

Véronique Fournier nous rappelle que s'il existe des modèles pour aider à la rédaction des directives, simplement demander l'absence d'acharnement et de souffrances ne sert à rien, puisque c'est déjà la loi.

Les directives anticipées sont à écrire en deux volets :

1) très personnel : décrire notre philosophie de vie/ de mort, la qualité que nous demandons à notre vie (plutôt mourir que de renoncer à … communiquer, bouger, etc. )

2) selon notre état de santé actuel, et selon notre propre éthique de vie, nos croyances, préciser les traitements et machines acceptées ou refusées au moment où nous ne pourrons plus nous exprimer, sans espoir de retour.

 

Elle insiste sur le fait que :

tant que nous pouvons nous exprimer, nous pouvons dire ce que nous voulons et ce que nous refusons comme traitements, sans problèmes (la loi nous permet d'être respecté).

Les directives sont indispensables lorsqu'on arrive dans un état où on ne peut plus s'exprimer, de façon incurable.

Sinon, la parole actuelle est toujours prioritaire sur les écrits antérieurs.

 

Elle m'apprend que les directives libres, si elles doivent être respectées par les médecins, ne sont pas opposables en Justice, contrairement aux directives pré-établies par le CNSPSV en cochant les traitements listés refusés ou demandés.

 

Un seul conseil : remplir les deux…

L'explication de votre philosophie de vie, de la qualité requise pour une vie acceptable, est nécessairement libre.

La liste des traitements refusés ou demandés (modèle des soins palliatifs) est seule opposable en Justice.

 

Une dame accompagnante en SP, explique qu'elle a vu « se réveiller » un patient inerte, suite à l'attention qu'elle lui a portée, et dit que vivre nécessite l'attention de l'autre, des autres, et insiste sur le fait que toute personne, quel que soit son état, doit être considérée comme vivante donc digne d'intérêt et d'humanité.

Evidemment !

 

Je réagis en disant que je regrette le nom de cette loi (droits des malades et de la fin de vie) qui devrait s'appeler : « droits des citoyens dans le système de santé » (ne pas oublier que les médecins et autres soignants sont des citoyens) .

Pourquoi distinguer les citoyens les uns des autres ?

Nous sommes tous en fin de vie si on veut, puisque mortels, et ignorants du moment où la mort va s'annoncer et arriver.

Un malade atteint de cancer peut vivre plusieurs années, parfois très longtemps avec, mais peut mourir en traversant la rue. La maladie n'est pas forcément ce qui nous fait mourir.

 

J'en profite pour dire que, évidemment, puisque militante dans une association AAVIVRE sa fin de vie, qui aide au questionnement et à la rédaction des directives anticipées, j'ai écrit mes directives et pour lire une rédaction de directives d'une amie, déjà très handicapées.

 

Le public est nombreux, étonnamment jeune, avec de nombreux étudiants en médecine, pharmacie, kinésithérapeutes, infirmiers…

J'apprends que dans la formation commune de 1ère année, les étudiants ont un sujet d'étude qui est d'écrire leurs directives anticipées pour leur fin de vie : un progrès, ils sont donc sensibilisés à ces textes.

Beaucoup vont intervenir et poser des questions.

Ils trouvent en majorité que ce dispositif est excellent, même si l'exercice est difficile, pour aider les futurs médecins à connaître humainement leurs patients et donc à prendre le moment venu des décisions convenables.

Ils expriment leur peur de perdre la nécessaire humanité du soignant dans l'apprentissage de trop de techniques médicales. Ils voudraient une formation plus apte à approcher l'humanité.

Quelques uns, rares, s'inquiètent de dérives, soi disant possibles et néfastes pour eux, vers la possibilité légale d'aider des patients à mourir…

Ils semblent oublier que cela ne serait possible que pour ceux qui réclameraient de l'aide et jamais autrement, et que de toutes façons, ce n'est pas fait.

Ils semblent oublier que leur propre éthique (opposée au choix du suicide) n'est pas forcément partagée par des citoyens responsables d'eux mêmes, demandeurs de respect.

Le débat est intéressant, mais principalement orienté par les jeunes étudiants.

 

Une seule intervention d'une dame d'un certain âge pour dire qu'elle préfère le suicide pour sa fin de vie, qu'elle aimerait pouvoir bénéficier d'une aide à mourir, après avoir vu souffrir plus de 5 ans une amie dont l'état de santé s'est dégradée à un point qu'elle a jugé insoutenable.

 

 

 

Repost 0
Published by jacqueline.salenson
commenter cet article

Présentation

  • : jacqueline.salenson.over-blog.com
  • jacqueline.salenson.over-blog.com
  • : lois et santé, fin de vie, mort: pour que les lois permettent enfin aux médecins de respecter les volontés des "patients" dont les demandes d'aide à mourir (euthanasie volontaire) dans certaines conditions, quand l'intéressé estime que sa vie n'est plus digne d'être vécue (agonie, lourd handicap lié ou non à une maladie, incurabilité et souffrances)
  • Contact

Recherche

Liens